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UNION DES ROYAUMES a »ne.
d* Angleterre A PEcoJse ( en 1707. )
Le moment arrive enfin, où la jalousie de l’Europe va serepaître des humiliations &. des revers du Monarque le plusgrand de son siècle, & dont l’éclatante prospérité désespéraitdepuis si long-temps l’envie de ses rivaux. La fortune deLouis XIV avoir tenu contre les grandes qualités de Guil-laume , dont elle avoit révolté l’ambition & désolé la politique.
Un homme parut, qui devoit venger l’Angleterre , la Hol-lande & l'Allemagne, des allarmes qu’imprimoient à toutel’Europe les conquêtes de ce Prince & l’ascendant de sesGénéraux, Churchill, si connu depuis comme Duc de Marl-borough, osa faire rétrograder la fortune des François. Elèvede Turenne, auffi brave & plus heureux encore, Capitaineexpérimenté ; plus grand guerrier que le Prince d’Orange,qu’il surpassa par l’étendue de ses vues, par la multiplicitéde ses projets , la tenue & la fermeté de fa conduire , & parle ton imposant qu’il sçut prendre avec les Ministres, dont ilne reçut ni plan ni direction; Churchill, conservant avec uneame ardente , cette tête froide , calme dans l’orage , égal danstoutes les positions, fit servir à la gloire de F Angleterre , lehaut crédit que la faveur de sa femme lui donna quelquestemps auprès de la Reine Anne.
A juger de ce Général par les qualités les plus intéressantesdu cœur, il étoit loin de mériter par lui-même la confiancede fa Souveraine. Favori de Jacques II , à la passion duquelil avoit sacrifié sa sœur , il le trahit ensuite , & le combattitdans la guerre d’Irlande ; partisan de Guillaume, honoré defa confiance, de nouveaux intérêts le ramenèrent à Jacques;
Tome II. Z