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il paya de sa liberté une conspiration, dont il fut Famé, enfaveur de ce malheureux Prince. Soutenu dans fa disgrâce parla générosité de la Princesse Anne , par elle réconcilié avecGuillaume , plus Maître ensuite, plus Roi qu’elle-même , si-àqu’elle fut furie Trône , on verra que tant de bienfaits & unesi haute faveur, n’en firent ensuite qu’un parjure. Etrangecontre-poids de si hautes qualités, & qui prouve que dans ungrand Homme il y a quelquefois loin d’un cœur droit &vertueux, aux élans de l’ambition & de Famour-propre.
Capitaine-Général des troupes Angloises en Hollande, Am-bassadeur à La Haye , Marlborough fit toujours marcher defront, & avec un succès égal , ces deux postes de guerrier& de négociateur. II souffla le feu chez les Puissances enne-mies de Louis XIV ; & de ce feu, que fa politique avoit allu-mé , il alla embrâser une grande partie de FEurope... Etcomme si c’eût été trop peu de ce fléau pour déioler laFrance; Eugène, que Louis XIV avoit méprisé-, & dont ilavoit dédaigné de seconder la destination à l’état Ecclésias-tique , vint prendre son rang parmi les grands Capitaines dece siècle , & faire repentir-ce Monarque de savoir négligé.
La Flandre & les Pays-Ras, devinrent le théâtre de laguerre la plus opiniâtre & la plus sanglante. Le François, qui,comme un torrent , s’étoit débordé dans ces Provinces , &sembloit avoir englouti pour toujours les Villes & les Cita-delles , éprouve à Farrivée de Marlborough , comme une pres-sion inattendue, qui le repousse vers ses frontières; & ce re-flux , dans l’efpace de trois années., abandonne cent lieues dePays à Farrr.ée victorieuse. Les noms d’Huy , de Ruremonde,d’Ostende, de Menin , de Dendermonde & d’Oudenarde , sifameux par la rapidité des conquêtes de Louis XIV , ne reten-tissent à Versailles , que pour attrister le Monarque, humilier& confondre ses Généraux & ses Ministres. Aussi malheureuse