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Tome III.
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ï6 • Histoire

relâche qui lui étoit devenu si nécessaire. Ce secours neput l’empêcher de toucher la terre , où il demeura engagéjusqu’à minuit j enfin il réussit à se remettre à flot , etavec le secours du Bristol , il échappa à une destructionqui parossoit inévitable. A sept heures du matin tous lesautres gros vaisseaux ayant éteint le feu de toutes les bat-teries , les galiotes furent mises à l'ancre près du rivage ,et commencèrent à bombarder la ville, dont les maisonsqui n’étoient que de bois , et couvertes de paille, furenten peu de tems réduites en cendres. Les magasins à poudresautèrent, et vers dis. heures l’incendie fut général danstoute la place.

Le lendemain l’escadre jeta l’ancre à la rade de Basse-Terre ; à cinq heures les troupes britanniques débarquèrentsans opposition, et prirent possession de la ville et de lacitadelle qu’ils trouvèrent abandonnées.

Bientôt les François parurent au nombre de deux milleenviron, à une lieue et demie de la ville , vers une maisonoù le gouverneur avoit établi son quartier général, et où ildéclara qu’il conserveroit son terrain jusqu’à la dernière extré-mité. Les habitans avoient déjà repris leurs esprits, s’étoientrassemblés et fortifiés .entre les hauteurs , avoient équippéet armé leurs nègres, et paroissoient défier tous les effortsdes Anglois. Ceux-ci envoyèrent offrir au gouverneur unecapitulation honorable, mais il la refusa avec courage.

Les habitans secondèrent parfaitement leur brave gou-verneur , et harceloient les Anglois, en tirant sur eux desbois et des plantations à sucre. Ceux-ci se déshonorèrentpar l’incendie et le pillage ; on lut même alors dans lespapiers de Londres, qu’ils poussèrent l’inhumanité jusqu’àfaire périr dans les flammes un grand nombre de nègrespâghés dans une plantation, ety mirent le feu de toutesparts.

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