d’Angeeterre. sy
assez prômptement pour prévenir la bordée, qui auroitallarmé la ville , et fait manquer tout le projet.
Les François avoient mis des sentinelles d’espace enespace sur le rivage, pour appeler les barques et bateauxqui passoient, et pour donner l’allarme s’il étoit nécessaire.Une des sentinelles cria , qui vive au premier des bateauxchargés d’Anglois ; mais un capitaine du régiment de Fraserqui avoit servi en Hollande , et qui savoit parfaitement lalangue et les usages dp François, répondit sans hésiter:France. Il étoit plus difficile de faire face à la secondequestion, quel régiment ? mais le capitaine répondit : laReine , ayant été instruit, par hasard, que ce régimentfaisoit partie du détachement commandé par M. de Bou-gainville ; le soldat jugea par ses réponses que les bateauxportoient le convoi , et cria : passe , et ne fit plus aucunequestion à toutes les barques. II en fut de même à chaquesentinelle : cependant un des soldats, plus soupçonneuxque les autres, s'avança jusqu’au bord de l’eau et demanda :pourquoi ne parle z-vous pas plus haut? le capitaine ré-pondit , avec la plus grande présence d’esprit : tais-toi ;nous serions entendus j sur quoi la sentinelle se retira sansen demander davantage.
On ne peut trop s’étonner du succès de cette nuit, lors-qu’on réfléchit de combien de hasards il dépendit. Quoiqu’ilen soit, aussitôt que les troupes furent débarquées, onrenvoya les bateaux pour le second débarquement, com-mandé par le brigadier Townshend. M. Wolf voyant ladifficulté de monter par un chemin environné de précipices,dit au capitaine qui avoit si bien répondu aux sentinellesfrançoises : « je ne p eux croire qu’il soit possible de gagner lehaut ; mais il faut faire tous nos efforts ». Les ennemisavoient rompu le sentier qui conduisoit du rivage au