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Enfin, la France ne manquoit pas d’hommes , et à enjuger par le luxe de la cour et de la nation , l’argent devoity être commun, mais on prétendoit que celui qui étoitdestiné aux besoins de Pétat passoit par tant de canauxque la paix lui étoit nécessaire pour examiner à fond etcorriger les abus. Aussi le monarque la désiroit-il ardem-ment, comme il le prouva par les offres qu'il íit dans lecours des négociations. Telles étoient les dispositions descours de l’Europe, lorsqu’elles s’ouvrirent.
La modération et la droiture du monarque françoiséclatèrent dans cette circonstance. 11 fit des propositionstellement désintéressées , que l'Angleterre les prit pour dela foiblesse. Dès-lors le cabinet britannique manifesta unetelle hauteur, et porta si haut ses prétentions , qu’ellesrévoltèrent tous les esprits , et que les négociations furentbientôt rompues.
L’ambition de l’Angleterre éclata dans cette occasiond’une manière si frappante , que l’Espagne crut devoirunir ses intérêts à ceux de la France. M. Pitt n’eut pasplutôt appris qu’il venoit d’être conclu un traité particulierentre les cours de Versailles et de Madrid, que sans savoirsi le traité avoit quelque rapport à la guerre , ce ministreproposa d’envoyer immédiatement et sans aucune formalité,une flotte dans la Méditerranée , pour agir contre lesEspagnols , et déclara impérieusement que si sa propositionétoit rejettée , ou si l’on en dif'féroit P exécution, il remet-troit ses emplois , et se retireroit des conseils.
Les autres membres du conseil privé , offensés du despo-tisme du premier ministre , et frappés de l’injustice révol-tante d’une pareille mesure , firent échouer sa proposition. ,M. Pitt tint parole, et quitta le ministère ; mais il sut par