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une somme d’argent comptant, s’empressoit d’ètre mis aurang des souscripteurs, à cause des sacrifices considérablesque f'aisoit le gouvernement. Un esprit d’usure s’étoit em-paré de toute la nation j les dettes les plus justes n’étoientpoint acquittées ; les dépôts les plus sacrés n’étoient pointregardés comme inviolables ; tout l’argent des royaumesréunis étoit porté à la capitale, et les provinces éloignéesen étoient absolument privées j le crédit personnel, qui estl’ame et l’essence d’une nation commerçante, étoit réelle-ment détruit, les manufactures languissoient, et un infâmeagio avoit pris la place du commerce.
Certainement la justice, la raison et les vrais principesmilitoient en faveur de ueus qui pcnsoient ainsi 3 mais quesont la justice, la raison et les principes pour des hommesde la trempe de Pitt , qui mettant à leur place , leurs vuesambitieuses et leurs conceptions enfantées par la haine etl’audace, ne comptent pour rien le sang des hommes, lesmalheurs de la guerre, les risques dont ils environnent leurpatrie, et les funestes eíïèts d’un incendie général danstoute l’Europe.
Sans doute ce ministre a développé par la suite un grandcaractère, et justifié, pour ainsi dire, la ténacité de sesconceptions, par la force de ses plans, la constance etP éloquence avec lesquelles il les a soutenus , et les res-sources immenses que son génie entreprenant et fécondlui a fait trouver sans cesse au besoin ; mais c’est encore unproblème de savoir si après avoir bouleversé toute l’Europe .et préparé la révolution françoise, il est parvenu au but qu’ils’est proposé. Le génie ne consiste pas seulement à formerde grandes entreprises, mais à les faire réussir.