61
l’ A S 6 L I T I IU r,tout ce qu’on croyoitle plus propre à frapper l’imagiiiationd’un sauvage. On ne réfléchissoit pas que pour sentir toutle prix des arts de l’Europe, il faut un certain degré de lu-mière, d'instruction et d’expérience que ne pouvoient avoirces pauvres Indiens, qui, étrangers à la langue, aux usageset aux mœurs des nations civilisées , ne pouvoient êtreaisément et tout à coup tirés de leur flegmatique ignorance.Aussi traversèrent-ils la capitale, où fourmille une multi-tude innombrable de peuple, sans sortir de leur apathie.Ils virent les boutiques et les magasins remplis de toutessortes de richesses et de marchandises , parcoururent leséglises, les hôpitaux, les palais et les maisons des seigneurs;on leur fit voir la revue des gardes qui faisoient l’exercicedans le parc, le magasin des armes dans la tour de Londres,l’artillerie , les vaisseaux et les chantiers dans les différentesparties du royaume , enfin tout ce qui a rapport aux arts,aux mécaniques, au commerce, à la force et à l’opulencede l’Angleterre, sans qu’ils fissent paroître la moindresurprise, ni par leurs paroles, ni par leurs gestes, ni parleurs regards. Ainsi cette ostentation tout à la fois puérileet orgueilleuse , échoua contre le flegme de ces pauvresAméricains, qui aux yeux des gens comme il faut, passèrentpour être doués d’une insensibilité brutale que l’on regardoitcomme le caractère distinctif des nations sauvages.
II est tems de revenir aux affaires générales. La courde Portugal ayant accédé au traité de paix entre la France ,l’Espagne et l’Angleterre, et ces dernières puissances ayant,par ce même traité , renoncé à la guerre d’Allemagne , lescours de Vienne et de Berlin ne tardèrent pas à conclureun accommodement. L'impératrice reine ne pouvoit guèresespérer avec ses seules forces de l’emporter sur un monarquequi avoit soutenu si long-teins les efforts de tant de