d*Angleterre. 6j
Aux yeux des gens éclairés c’étoit une grande faute de lapart de cette cour de n’avoir pas rendu le Canada à laFrance et la Floride à l’Espagne. Cette restitution qui auroitété considérée comme l’acte le plus glorieux de la modé-ration politique, auroit assuré pour toujours à la Grande-Bretagne la conservation de ses colonies et du plus grandcommerce du monde. Comment le cabinet de Londres neç’apperçut-il pas que la France et l’Espagne en établissantau Canada et dans la Floride un gouvernement militaire etdes colonies de soldats, entretenoient à grands frais , et sansen tirer aucun profit, les gamisonsqui contenoient au sud etau nord les provinces angloises dans la dépendance de leurmétropole, et que cette situation de choses ne pouvoitchanger, par<?© óim't: impossible que la population futconsidérable dans des colonies militaires, et que leurs ha-bitai! s devinssent agriculteurs et cominerçans; qu’il étoitimpossible que les Anglo-Américains cessassent de réclamerla protection de l’empire puissant qui les aidoit à réprimerl’audace de ces voisins dangéreux. Le sort des Canadiensétoit d’attaquer sans cesse les colons de la Nouvelle An-gleterre dans l’espoir de s’attribuer, par le droit du plusfort, une partie des fruits de leurs travaux; et celui descolonies angloises d’implorer l'assistance des hottes et desarmées de la mère-patrie. Le courage des Américains seseroit exercé, mais toujours au profit de l'Angleterre. Leurindustrie se seroit entretenue, mais toujours au profit ducommerce métropolitain et selon ses vues. Leur agricultureauroit élevé l'Angleterre au niveau des puissances territo-riales de l’Europe ; mais l’acquisition du Canada ne laissoitplus rien subsister de cet ordre politique. Les colonies dé-barassées de leurs ennemis naturels et livrées à elles-mêmes,Venant tout-à-coup de sentir leur force et leur puissance ,
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