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peuple lui avoit déjà donnés, il eut la hardiesse de saisirun vaissseau dans le port deFalmouth. Ce mépris des juge-mens du peuple lui mérita le châtiment qui, depuis quatreans avoit été ordonné pour cette espèce de crime ; il futarrêté par la multitude irritée , on le couvrit de gaudronet de plume ; mais on eut le ménagement de ne le pasdépouiller ! ìl fut exposé en cet état pendant trois joursaux huées de la populace. Ce châtiment exemplaire necalma point le caractère véhément de ce maltotier anglois;il eut l’impudence de s’expliquer avec mépris sur le châ-timent qu’il avoit reçu, disant que le roi et le parlementlui feroient bientôt raison de cette canaille. Ces propos indi-gnèrent tout le peuple contre lui, et l’on n’attendoit qu’uneoccasion de le punir avec plus d’éclat et de sévérité qu’ilne l’avoit été la première fois. Malcom ne tarda pas à fairenaître cette occasion. Il avoit offensé quelque teins aupa-ravant un marchand de la ville, et l’ayant rencontré depuis,sa querelle recommença ; il traita le marchand avec beau-coup d’insolpnco , ot y mit lo í'svmlilo on lo frappant ds
sa canne. Cette violence excita l’attention des juges-de-paix , ainsi que la colère du peuple. Un ordre fut donnécontre lui; mais le constable ne pouvant pas le trouver,le peuple environna sa maison ; les fenêtres ayant été brisées,il vint l’épée à la main pour repousser les assaillans , quin’avoient d’autres armes que leurs bras , et il en blessaplusieurs. Les Bostoniens, modérés jusques dans leur ven-geâmes , entrèrent en foule dans sa maison, rattachèrentà une corde et le descendirent par la fenêtre dans unecharette , où, après avoir mis ses habits en pièces, ilslui gaudronnèrent la tête et le corps tout entier, l’emplu-jnèrent et le traînèrent dans la grande rue et dans les prin-cipaux quartiers, d’où ils le ramenèrent au pied du gibet,
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