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Tome III.
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98 Histoire

maîtresses de deux provinces, de la plus grande partiedu Nouveau-Jersy , et qui menaçoient la Pensilvanie , nerougit pas d’opposer au courage magnanime du congrèset de son général,. les moyens de la faiblesse et de lacruauté. II excita de toutes parts les sauvages du Canadaà l’incendie, au massacre et au pillage contre les malheu-reux Américains , et il n’eut pas de honte de se transformeren faux monnoyeur , en faisant contrefaire , par des agensà sa solde le papier-monnoie qui suppléoit au numéraireen Amérique. On a vu depuis ce cabinet odieux employercette ressource infâme et déshonorante contre la France jmais avec aussi peu de succès.

C’est à cette époque, que le congrès , instruit des vuessecrètes du gouvernement français, fit partir pour laFrance Siléas Deane et le célèbre docteur Francklin. Peuaprès leur arrivée, on vit Beaumarchais , sous le voile d’unespéculation mercantile , s’occuper de nombreux armemensdans plusieurs ports. Bientôt l’ AmpJiitrite , avec un char-gement complet cl'armes , de munitions et d'habits, etdouze vaisseaux sont prêts à mettre à la voile , et le FierRodrigue sort des ports de France avec des batteries me-naçantes , qui commandent à l’Angleterre de respecterle commerce de son armateur.

On ne conçoit pas comment des conjonctures aussi frap-pantes ne firent aucune impression sur le cabinet de Londres.

« Les colonies françaises en Amérique , disoit le lord» Germaine dans le parlement, sont peut-être encore plusmécontentes que les nôtres, seroit-il donc croyable que» la cour de Versailles osât encourager une rébellion voisine;» ne craindroit-elle pas que ses propres colonies ne fussent» tentées de participer aux droits illimités de la liberté f» Celles de l’Espagne ne trouveroient-elles pas le commerce