Plan deThurreau.
LITRE TI , CHAP. XXXV. 265
qui n’avaient cessé de s’y montrer, tous les can-tonnemens républicains se trouvaient comme enétat de blocus, et n’osaient communiquer entreeux. Reconnaissances , patrouilles , convois , or-donnances , tout était enlevé par les insurgés qui,nulle part, n’offraient assez de prise pour êtreexterminés en rase campagne.
A celte guerre de chicane, si défavoi'able auxrépublicains, et qui indiquait autant la faiblesseque l’acharnement des royalistes, Thurreau,exalté peut-être par les traitemens barbaresqu’éprouvaient les siens quand ils tombaient en-tre les mains des ennemis, résolut d’opposer lemême système dont ils s’étaient jusqu’alors serviavec tant d’avantage contre son parti. Il imaginade faire parcourir la Vendée dans tous les sens àdouze colonnes mobiles pour enlever les grains,fourrages et bestiaux qui s’y trouveraient; dé-truire tous les établissemens militaires, désarmerles communes voisines du foyer de l'insurrec-tion, intercepter enfin ses communications, non-seulement avec l’Angleterre, mais encore avecles Chouans de l’autre côté de la Loire. Ce sys-tème , couvenable pour achever la ruine d’unennemi battu et dispersé, ne laissait pas d’êtredangereux en Vendée pour peu que ces mincescolonnes vinssent à rencontrer une masse de 7 à8 mille insurgés, ce qui était à craindre.
Pour l’exécution de son dessein, Thurreau Opération*