LIVRE VI, CIIAP. xxxvr. 3oï
approvisionnemens de guerre et de bouche, lespalissades si nécessaires dans les ouvrages de peude relief, tout manquait, en un mot ; et il fallutque l’activité du général et le zèle de ses subor-donnés y suppléassent.
Dans un tel état de choses, il n’était pas diffi-cile aux Anglais de s’emparer de la Colonie. Ilsne négligèrent, toutefois, aucune des mesuresqui pouvaient en accélérer la pi’ise; et, à l’aided intelligences, ils cherchèrent à soulever contreRochambeau les colons et les soldats restés dansle devoir. L’amour de la patrie triompha; le ré-giment de Turenne, surtout, se distingua parson dévouement à la France ; et il ne fallut pasmoins de trente-deux jours d’attaque et de bom-bardement, pour soumettre cette poignée debraves retranchée dans un méchant fort. Ainsiqu’on vit depuis le général Barbanègre à Hunin-gue, Rochambeau eut l’honneur de défiler avecJe peu d’hommes qui lui restait, devant unedivision nombreuse ; et ses adversaires étonnés,lui rendirent les honneurs de la guerre , avec lasatisfaction qu’on éprouve toujours à récompen-ser le courage.
Le capitaine Lacrosse , à qui Rochambeauavait confié Je commandement delà Guadeloupe ,ne put défendre cette île avec de faibles pelotonsde milices , contre la brigade Dundas que Gray ydétacha après ses premiers succès à la Martini-