LIVRE VI, CHAP. XXXVI. 3o3
firent la guerre au commerce ennemi, et conso*lèrent la France , par de riches prises , des re-vers que son pavillon essuyait en combattant enligne. Ce système ne commença à prévaloir quevers la lin de cette année ; et nous aurons uneoccasion plus opportune d’y revenir. La seulecroisière remarquable de cette campagne futd’ailleurs celle de deux vaisseaux et six frégatesdans la mer du Nord et sur les côtes de Norwège ,où ils capturèrent nombre de bàtimens destinéspour la Baltique .
Après la sanglante catastrophe du i er juin,l’événement non moins désastreux de Toulon ,la perte de tous ses alliés naturels et de ses plusbelles colonies , la France devait renoncer pourlong-temps à l’espoir de disputer l’empire desmers. Le seul palliatif à tant de revers, eût étéun prompt changement de politique des cabi-nets voisins; mais tous avaient été rivaux de lagrandeur continentale de la France ; aucun nesut le devenir de la puissance plus menaçante desAnglais . Si quelques-uns d’entre eux luttèrentplus tard contre les prétentions du cabinet deSt.-James, ce fut sans habileté dans le choix dumoment, sans énergie dans la création et l’em-ploi des moyens.
Ainsi, au bout de quelques mois d’hostilités,il ne resta à la France , de toute la gloire et detous les succès quelle avait obtenus dans la