X INTRODUCTION.
nationale ! En Europe , l’empire britannique tolère cette conquête.
En Amérique , il borne la Russie , dur côté du pôle; et les Etats- Unis , du côté des régions tempérées. Sous la zone torride , il domineau milieu des Antilles , cerne le golfe du Mexique , et se trouve enprésence des nouveaux étals qu’il a le premier soustraits à la dépen-dance de leur mère-patrie, pour les ranger plus sûrement sous la dé-pendance de son industrie mercantile. En même temps, afin d’épou-vanter, dans les deux mondes, tout mortel qui tenterait de lui ravirle flambeau de son génie et le secret de ses conquêtes , il tient en sagarde, entre l’Afrique et l’Amérique , sur le chemin de l’Europe al’Asie , le rocher où ses mains ont enchainé le moderne Prométhée .
En Afrique , du sein de File consacrée jadis, sous le symbole de lacroix , à la sûreté de tous les pavillons chrétiens, l’empire britanni-que impose aux Barbaresques le respect de sa seule puissance. Du pieddes colonnes d’Hercule , il porte l’effroi jusqu’au fond des provincesdu Maure . Sur les bords de l’Atlantique, il a bâti les forts de la Côte- d’Or et de la Montagne du Lion * : c’est de là qu’il fond sur la proielivrée par les races noires, aux races européennes ; et c’est là qu’ilétablit et civilise les affranchis qu’il ravit à la traite. Sur le mêmecontinent, par-delà les tropiques, et dans la partie la plus avancéevers le pôle austral, il s’est emparé d’un abri, sous le cap des tem-pêtes. Aux lieux où 1 Espagnol et le Portugais n’avaient aperçu qu’unrelâche, et le Hollandais qu’une plantation, il colonise un nouveaupeuple britannique ; et joignant l’activité de l’Anglais à la patiencedu Batave, en cet instant, autour de Bonne-Espérance, il reculeles bornes d’un établissement qui grandira dans le sud de l’Afrique ,à l’égal des états qu’il a fondés dans le nord de l’Amérique . De ce nou-veau foyer d’action et de conquête, il étend ses regards sur la routede l’Inde ; il découvre, il envahit les stations qui conviennent à samarche commerciale ; et se rend ainsi, dominateur exclusif des échellesafricaines du levant d’un autre hémisphère.
Enfin, aussi redouté sur le golfe Persique et dans la mer Erythrée ,que sur l’océan Pacifique et dans l’archipel de l’Inde , l’empire britan-nique, possesseur des plus .belles contrées de J’Orient, voit régner sesfacteurs sur quatre-vingts millions de sujets. Les conquêtes de ses mar-