INTRODUCTION.
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cliandscommencent, en Asie , où s’arrêtèrent les conquêtes d’Alexan-dre , où ne put arriver le dieu Terme des Romains ! Aujourd’hui,des rives de l’Indus aux frontières de la Chine , et des bouches duGange aux sommités du Thibet , tout reconnaît la loi d’une compagniemercantile, confinée dans une étroite rue de la Cité de Londres ...
Ainsi, d’un centre unique , par la vigueur de ses institutions , etpar l’état avancé de ses arts civils et militaires, une île qui, dansl’archipel Océanique, serait à peine comptée au troisième ordre, faitsentir l’effet de son industrie et le poids de sa puissance, à toutes lesextrémités des quatre parties du monde ; en même temps qu’elle peupleet civilise une cinquième partie qui suivra ses lois, parlera sa langue,et recevra ses mœurs et son négoce, avec ses arts et ses lumières.
Cette immense dispersion de colonies et de provinces, qui ferait lafaiblesse et*la ruine de toute autre nation, fait le salut et la forcedu peuple britannique. C’est parce que l’Angleterre est séparée de sesprovinces extérieures , par d’énormes distances , qu’elle n’est pointvulnérable avec elles ; c’est parce que ces provinces se trouvent sé-parées l’une de l’autre, par d’aussi grands intervalles, qu’elles nesauraient à la fois succomber sous les coups d’un seul adversaire. Lesattaquer est difficile, les bloquer est impossible. Pour satisfaire auxbesoins de l’industrie, du trafic et du gouvernement, entre la métro-pole et des possessions dispersées sur les bords de toutes les mers; ilfaut, même au milieu de la paix , un grand nombre de navires; etces navires, faisant voile, au premier signal, vers le point menacé , yportent des renforts et des secours qui le rendent imprenable, soit parforce, soit par famine.
Sans doute, en chacune de ses provinces lointaines, l’Angleterrene saurait résister seule au voisin le plus puissant. Mais, partout, leplus formidable des peuples est, pour les autres , l’objet de l’envie, etd’une haine cachée sous la peur. Or une industrie savamment exploitéepar l’Angleterre , est l’art de changer en hostilité déclarée, la secrèteinimitié des nations limitrophes. C’est encore un intérêt que lui rap-portent les trésors de son négoce.
Quant aux peuples qui ne sont pas établis aux frontières de ses pos-sessions, la sphère de leur action est bien plus rétrécie que celle deson influence. Aucun d’eux ne saurait soutenir la lutte avec la
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