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3 (1826) Force commerciale de Grande-Bretagne / par Charles Dupin
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XII
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xij INTRODUCTION.

Grande-Bretagne, sur un champ de bataille également éloigné desdeux mères-patries; parce quaucun peuple na daussi grands moyenspour transporter rapidement, au loin , ses armes et ses défenseurs :telle est la supériorité de la Force commerciale. Uu grand exemplerendra plus frappante cette vérité, quon na point assez reconnue.

On voit le peuple romain sattacher à la terre, comme un mineuropiniâtre ; savancer à la sape, et de parallèle en parallèle, pour pren-dre, par de'grés, tous les postes militaires de lancien monde. Il methuit cents ans à poursuivre le siège de lUnivers. Enfin des obstaclesinsurmontables opposent leur barrière à ses envahissements. Sa forcedagression se brise devant la fuite du Parthe , et contre la résistancedu Germain. Il sarrête de lassitude, avant darriver à lIndien.

Lempire, alors, reste comme accablé sous le fardeau de sa gran-deur. Sa défense exige des armées plus nombreuses que nen avaientexigé ses conquêtes. Néanmoins, ces nuées de soldats , disséminées surune immense frontière, sans voies, sans ressources rapides et facilesde transport et de concentration, trouvent partout isolées et fai-bles. Les guerriers ne sulhsant plus, il faut des fossés et des mu-railles, pour mettre lempire des Scipions et des Césars , à labri duncoup de main des Barbares ! Mais ces barrières ne valent que par leshommes armés pour les défendre; elles ne peuvent arrêter lirruptionviolente des peuples les plus ignorants dans lart de la guerre. Lem-pire, comprimé de toutes parts, se resserre plus vite quil ne sétaitétendu, il repasse par les limites de tous ses agrandissements, jusquàson entière destruction.

Avec une industrie commerciale et maritime, comparable à cellede lAngleterre, Rome, au lieu dimmobiliser ses forces offensives,aurait rendu mobiles même ses forces défensives, les aurait portéesà temps sur chaque point menacé ; et, partout, se serait montréesupérieure aux agressions isolées , intermittentes , des populationsétrangères aux ressources de la civilisation. Lempire britannique adonc, en lui-même, un principe de résistance, qui manquait àlempire des Romains. Ce principe est celui de la Force commerciale.

Il fut un temps mesurer dans sa grandeur véritable, la puis-sance dun peuple rival, et révéler cette mesure, eût fait voir danslami de nos concitoyens, lennemi de leur gloire, et le contempteur