xij INTRODUCTION.
Grande-Bretagne, sur un champ de bataille également éloigné desdeux mères-patries; parce qu’aucun peuple n’a d’aussi grands moyenspour transporter rapidement, au loin , ses armes et ses défenseurs :telle est la supériorité de la Force commerciale. Uu grand exemplerendra plus frappante cette vérité, qu’on n’a point assez reconnue.
On voit le peuple romain s’attacher à la terre, comme un mineuropiniâtre ; s’avancer à la sape, et de parallèle en parallèle, pour pren-dre, par de'grés, tous les postes militaires de l’ancien monde. Il methuit cents ans à poursuivre le siège de l’Univers. Enfin des obstaclesinsurmontables opposent leur barrière à ses envahissements. Sa forced’agression se brise devant la fuite du Parthe , et contre la résistancedu Germain. Il s’arrête de lassitude, avant d’arriver à l’Indien.
L’empire, alors, reste comme accablé sous le fardeau de sa gran-deur. Sa défense exige des armées plus nombreuses que n’en avaientexigé ses conquêtes. Néanmoins, ces nuées de soldats , disséminées surune immense frontière, sans voies, sans ressources rapides et facilesde transport et de concentration, sé trouvent partout isolées et fai-bles. Les guerriers ne sulhsant plus, il faut des fossés et des mu-railles, pour mettre l’empire des Scipions et des Césars , à l’abri d’uncoup de main des Barbares ! Mais ces barrières ne valent que par leshommes armés pour les défendre; elles ne peuvent arrêter l’irruptionviolente des peuples les plus ignorants dans l’art de la guerre. L’em-pire, comprimé de toutes parts, se resserre plus vite qu’il ne s’étaitétendu, il repasse par les limites de tous ses agrandissements, jusqu’àson entière destruction.
Avec une industrie commerciale et maritime, comparable à cellede l’Angleterre, Rome, au lieu d’immobiliser ses forces offensives,aurait rendu mobiles même ses forces défensives, les aurait portéesà temps sur chaque point menacé ; et, partout, se serait montréesupérieure aux agressions isolées , intermittentes , des populationsétrangères aux ressources de la civilisation. L’empire britannique adonc, en lui-même, un principe de résistance, qui manquait àl’empire des Romains. Ce principe est celui de la Force commerciale.
Il fut un temps où mesurer dans sa grandeur véritable, la puis-sance d’un peuple rival, et révéler cette mesure, eût fait voir dansl’ami de nos concitoyens, l’ennemi de leur gloire, et le contempteur