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3 (1826) Force commerciale de Grande-Bretagne / par Charles Dupin
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XIV
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xiv INTRODUCTION.

et surtout la probité de l’homme industrieux, qui maintiennent lasupériorité des productions et du commerce de son pays. Si jamais,dans les îles britanniques , l’utile citoyen perdait ses vertus, soyonscertains que pour l’Angleterre, comme pour toute autre contrée,malgré la protection des flottes militaires les plus formidables , malgréla prévoyance et les secours de la diplomatie la plus étendue et de lapolitique la plus profonde, bientôt les navires d’un commerce dégénéré,repoussés de tous les rivages, disparaîtraient des mers qu’ils couvrentaujourd’hui des trésors de l’Univers , échangés contre les trésors del’industrie des trois royaumes.

Il faut pénétrer plus avant dans la connaissance d’un caractèreauquel le commerce d’Albion doit ses prospérités les plus étonnantes.Observons ce caractère, imprimant l’impulsion à la pensée autantqu’à l’action des individus, excitant une ardeur irrésistible, insatiable,de devancer tout rival, et surtout d’écraser l’étranger, par une con-currence à la fois personnelle -et nationale ; eh ! quels moyens pouratteindre ce but! Une activité froide, et continue, et méthodique;une audace méditée, qui fait tenter au spéculateur tout ce que laprévoyance,'et je dirais presque la divination des calculs, montrecomme ayant, au total, moins de chances de revers que de succès.Ajoutons à ces qualités, une persévérance dans les entreprises com-munes ou privées, qui tient de la stabilité des institutions, d’où naît,à la longue, la constance des caractères ; et tant de vertus énergiques,exerçant sur les âmes une action dont le premier ressort est un espritpublic inspiré par l’excellence de l’ordre public, et par la protectioninviolable des lois les plus chéries.

A ces causes morales, ajoutons encore des règles d’économie politi-que et domestique, favorables à tous les intérêts, stimulantes pourtoutes les industries, encourageantes pour tous les talents.

Quant aux causes matérielles, nous placerons d’abord les voies pu-bliques et les établissements, qui facilitent les transports et les dépôts,à l’intérieur et dans le voisinage des côtes,- l’art môme des transportset celui des échanges ; enfin, la création des produits d’industrie, quisont la matière de ces échanges.

Nous commencerons par décrire les travaux exécutés dans le desseinde rendre, sur chaque point de la Grande-Bretagne, rapides, faciles et