INTRODUCTION. xxvij
beaux régnes de Henri IV et de Louis XIV ? Laisserons-nous l’étrangerjouir, plus que nous-mêmes , du plagiat d’une prospérité inventéepar nos ancêtres ? et ne ressaisirons-nous point une des palmes denotre gloire héréditaire ?
Nous la ressaisirons : déjà des succès obtenus par d’utiles citoyens,autorisent cette espérance. Une simple compagnie vient d’achever,avec rapidité, l’un de nos plus beaux monuments : le plus grand, leplus hardi de nos ponts, jeté sur la Gironde , pour la cité de Bor deaux , le Liverpooldu midi. Une autre compagnie va joindre par uneroute en fer, les ateliers, les usines et les fabriques de Sainte-Étienne,avec les rives du Rhône , au voisinage de Lyon ; afin d’ouvrir une com-munication digne de notre industrie, entre le Birmingham et le Man-chester de la France . Aux portes de Paris , trois compagnies ont en-trepris trois canaux, et d’autres sont formées, dans le même dessein,sur d’autres points de notre territoire.
En contemplant ces travaux, si dignes d’éloges , nous croirions-nous déjà voisins du terme de nos efforts ? Jugeons-en par l’avancede nos émules. Nous allons avoir cinq lieues de routes en fer, et nosrivaux en ont cinq cents ; nous allons avoir, dix, quinze compagnies
pour des navigations artificielles, et nos rivaux en ont cent.Chez
nous, l’autorité se voit encore dans la nécessité d’exécuter elle-même,à plus grands frais et plus lentement, des travaux que des par-ticuliers, unissant leurs moyens, entreprendraient avec, tant de succès,s’ils en avaient la noble ambition.
Certes, c’est du fond de notre cœur, que nous rendons, avectoute la France , des actions de grâces au pouvoir, lorsqu’il supplée,autant qu’il est en ses efforts isolés , au génie d’entreprise, à l’ému-lation laborieuse qui devraient animer l’universalité des citoyens.Mais un plus grand service à rendre, c’est * d’encourager, c’estd’exciter dans les âmes, ce génie productif et cette émulation géné-rale , et cette combinaison , cette harmonie d'efforts individuels, quichangent la face d’un immense territoire, en faisant de toutes partsnaître, à la fois, lefc prodiges’des arts et de la civilisation.
O mes compatriotes, c’est au nom de la gloire, si chère à tous les
* C’est aussi de faire disparaître cette foule d’entraves obscures mais puissantes,tristes veltVges de tous les d’espfofisrnes que nous ayjns subis depuis^trente ans. ,
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