xx vj INTRODUCTION.
dre. Les étrangers ont dû commencer par l’imiter, pour s’efforcerd’atteindre à sa hauteur; et si parfois ils l’ont surpassée, c’est alorsseulement qu’elle a cessé de s’imiter elle-même. Mais, au lieu delouer la patrie avec de vaines paroles , laissons parler les faits.
Le moyen âge était barbare encore , et déjà Charlemagne appre-nait à son siècle qu’un canal ouvert entre les sources rapprochéesdu Danube et du Rhin , pouvait unir l’Euxin à l’Océan, et le nordde l’Europe à l’occident de l’Asie . Henri IV est le premier, chez lesmodernes, qui passa de la conception à l’exécution, pour joindre parun canal, des bassins que sépare une chaîne de montagnes. Du mêmegénie dont il méditait l’alliance des rois pour le bonheur des nations,il méditait l’alliance des mers pour la prospérité des continents, lors-que l’assassinat vint trancher le cours de ses projets qui traçaientà l’Europe , la véritable route de la civilisation, et des prospéritéssociales. Deux générations de grands hommes, sous son fils et sonpetit-fils, suffisent à peine pour réaliser la moindre partie de ses des-seins. Les ouvrages admirables, entrepris durant son régne, pourjoindre la Seine à la Loire, travaux interrompus trente années ,depuis la disgrâce de Sully, c’est-à-dire, depuis les funérailles de sonroyal ami, Richelieu les conduit à terme. Richelieu révèle aux monar-chies européennes, tout l’avantage national, de concéder aux citoyens,le domaine et l’exécution des voies intérieures de la navigation artifi-cielle. Colbert , dans les beaux jours d’un règne qui lui dut tant desplendeur, fait voir aux peuples modernes, comment on peut réunirl’Océan à la Méditerranée, en favorisant le zèle et laissant agir legénie d’un simple particulier * ; et le grand Corneille immortalise,par des chants dignes du siècle d’Auguste, la grandeur de ces travaux!
Enfin, Louis XIV , législateur de ces mêmes travaux, ordonnequ’un jury composé des plus notables habitants, accordera par unarbitrage conciliateur, tous les différends à naître sur la propriété dela nouvelle voie publique et des biens limitrophes; et, cent ans plustard , l’Angleterre, retrouvant là le génie de ses lois, s’est honorée desuivre cet exemple. <
Et! nous, mes chers concitoyens, nous Français ! serons-nous lesmoins empressés à suivre les exemples légués à la postérité, par les
* De Riquet, si bien secondé par l’expérience et les talents 4’Andréosgy., ;b
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