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3 (1826) Force commerciale de Grande-Bretagne / par Charles Dupin
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FORCE COMMERCIALE.

tement. A cet officier supérieur on adjoindrait un comptable général des travauxpublics , ayant des attributions semblables à celles du comptable de chaque ar-rondissement. L’ingénieur en chef d’un département ne devrait être choisi queparmi les ingénieurs d’arrondissement, sur des listes décuples accompagnées d’é-tats de service , et présentées par la direction générale des ponts et chaussées.

On laisserait atix collèges électoraux de département le choix de cet ingénieuren chef; le ministère se réserverait la nomination des inspecteurs généraux.

Enfin les compagnies des ponts et des canaux pourraient choisir en pleineliberté , dans tous les grades, les ingénieurs les plus habiles et les plus célè-bres qui conviendraient à leurs projets , et qui consentiraient à s’en charger.

Ainsi, partout, les intéressés à la bonne confection , au parfait entretien dechaque espèce de travaux, exerceraient une influence directe et constantesur-les ingénieurs. Ils entretiendraient le zèle de ces officiers , en excitant leurémulation par la perspective d’un avancement fondé sur leur seul mérite.

On donnerait d’ailleurs au ministère le droit de destituer tout ingénieurqui n’entretiendrait pas les routes avec assez d’intégrité, d’activité, d’intelli-gence; mais la destitution ne pourrait pas être arbitraire. Il faudrait, pourqu’elle eût lieu, qu’un jury composé, par exemple, de trois ingénieursnommés par l’état, trois par le prévenu , et trois citoyens choisis par les con-seils d’arrondissement ou de département, prononçât qu’il y a lieu à destitution.

Aujourd’hui ,^qu’un ingénieur se distingue par son zèle , qu’il ait des ta-lents supérieurs , une grande expérience , et la plus louable activité , il pour-rait néanmoins , s’il avai t le malheur d’être desservi près de l’autorité centrale ,languir éternellement dans une situation subalterne. Au contraire , fut-ilignorant et borné , paresseux , négligent et sans ordre , on doit concevoirqu’il arrivera des temps et des cas où , s’il partage les idées et les passionsdominantes, il l’emportera par son exagération même } sur des concurrentsqui n’auront pour eux que leur modestie , leur sagesse , leurs travaux et leurslumières. Voilà des malheurs que je voudrais, dans tout ordre de choses,rendre absolument impossibles.

Quant aux appointements des ingénieurs, ils devraient se composer:'i°. d’un minimum fixe qui leur assurât, dans tous les temps, une existencehonorable ; a 0 . d’un supplément proportionné à l’étendue, à la durée des tra-vaux. Par ce moyen , l’activité serait récompensée , et l’on ne verrait pas desingénieurs vivre dans leur résidence , en pleine oisiveté ; et, néanmoins , tou-cher les mêmes appointements que d’autres ingénieurs accablés d’occupations.

Les arrondissements et les départements lès-plus riches , offrant de plus fortssuppléments aux officiers des travaux publics , ils voudraient attirer les talents