. VOIES PUBLIQUES. 2i«
les plus distingués , et les appelleraient d’un bout de la France à l’autre •, sanségard aux recommandations des bureaux, des salons , ni des antichambres *.
J’ose assurer que des changements heureux , grands , importants , pour laconfection et l’entretien des travaux publics, seraient bientôt la suite dupetit nombre d’innovations que je propose d’apporter à l’organisation du ser-vice , dans le corps savant des ponts et chaussées.
Acquisition y aliénation du territoire des routes. Le terrainqu’occupent les routes appartient aux communes chargées de lesentretenir. Comme il est perdu pour la production, l’autoritépublique en est avare. Elle ne met ni sa grandeur, ni son luxe,dans l’inutile largeur de la voie publique ; et c’est en cela qu’ellemontre sa sagesse. Les routes étaient autrefois beaucoup plusétroites qu’elles ne le sont aujourd’hui ; néanmoins le législateurn’a changé les limites de leur élargissement, qu’aux époques oùles progrès du commerce ont exigé des voies plus spacieuses;
A coup sûr, les routes de la Grande-Bretagne ne sauraientêtre comparées aux nôtres pour leur largeur. Mais, commeelles sont parfaitement entretenues d’un bord à l’autre, ellesoffrent autant de facilités au roulage, sur les côtés que sur lemilieu : c’est ainsi qu’elles suffisent à la circulation la plusactive et des chevaux et des voitures. Les piétons peuvent aussimarcher avec aisance, avec sécurité, au moyen d’un trottoir
* Il est une classe d’employés sur laquelle il faut attirer la sollicitude et les bienfaitsdu gouvernement : c’est celle des conducteurs de travaux des ponts et chaussées. Ilfaudrait que le gouvernement instituât pour eux une école théorique dans laquelleils apjjrendraient les premiers éléments d’arithmétique, de géométrie et de méchani-que, la coupe des pierres et la charpentç, les tracés, les calculs et les opérationspratiques nécessaires aux travaux qu’ils doivent exécuter ou diriger sur le terrain. Onimiterait en cela l’enseignement procuré par le génie militaire et l’artillerie à leurssous-officiers , par le corps des mines à ses chefs d’ateliers, par le génie maritime à sesmaîtres et à ses contre-maîtres. Enfin, on devrait, dans un grand nombre de cas, donneraux conducteurs dçs ponts et chaussées, avec de moins faibles appointements, des fonc-tions plus étendues qui rendraient beaucoup d’ingénieurs disponibles pour la directiondes grands travaux auxquels ils sont appelés par leurs lumières supérieures et par lesbesoins toujours croissants des voies commerciales, soit publiques, soit particulières.