VOIES PUBLIQUES. $9
naires. Meme dans les temps favorables, si quelque curatèleveut entreprendre une grande amélioration qui soit de natureà produire un revenu suffisant pour en compenser les frais,le parlement accorde sur l’échiquier une semblable avance.
Par conséquent, en Angleterre , c’est l’autorité suprême quiconcède aux citoyens un crédit et des fonds, pour qu’ils fassenteux-mêmes les travaux qui l’intéressent autant qu’eux 5 tandisquen d’autres pays, le gouvernement contraint les citoyens àverser leurs propres fonds dans ses caisses, pour qu’il exécuteà sa manière, et quand il voudra bien le faire, ce qui ne re-garde que les administrés. Dans le livre suivant, nous revien-drons avec une nouvelle force sur cet objet capital.
Combien nous sommes loin de partager l’esprit du ministèreet du parlement de la Grande-Bretagne, nous , qui confions àpeine au zèle des habitants l’entretien d’un sentier vicinal !Nous, qui pour jeter une corbeillée de cailloux sur la moindrevoie départementale , exigeons impérieusement que la dépensefuture de cette corbeillée, soit portée au budjet de l’arrondis-sement, puis à celui du département, puis soumise au grandconseil des ponts et chaussées, dans un hôtel de Paris , à deuxeents lieues du site des travaux.... Quand la demande minimedont il s’agit a subi les délais ingénieux d’une comptabilitésavamment inextricable, en supposant que le plus léger dé-faut de formes n’oblige pas de recommencer à parcourir, parune marche inverse, cet immense dédale , on obtient l’autori-sation désirée. Alors les pièces comptables, passées à l’inter-minable filière de toutes les opérations progressives, rétrogra-dent avec une lenteur officielle, jusque vers leur source pre-mière ! Alors, enfin , l’on permet qu’un ingénieur exécute, àloisir, le rechargement du coin de route pour lequel on vientd’employer cet effrayant appareil de longueurs et de formalitésbureaucratiques , ascendantes et descendantes.