88 FORCE COMMERCIALE
réunissant pour délibérer sur des intérêts purement matériels ,les particuliers ne pourraient donner le moindre ombrage,même au gouvernement le plus soupçonneux. Leurs assem-blées n’auraient aucun des inconvénients que présentent cesréunions privées où l’on agite, sans caractère légal , des ques-tions politiques. Elles en auraient tous les avantages : ellesformeraient les hommes à la délibération, à la discussion 5 ellesleur apprendraient à présenter leurs idées avec clarté, avecfacilité’, elles permettraient à chacun de bien juger l’esprit, laraison, l’expérience des citoyens qui, forts de leur zèle et deleurs talents , voudraient se mettre en évidence, et gagner parde vrais services, les suffrages de leurs compatriotes.
Lorsqu’ensuite nos assemblées électorales auraient à nom-mer des mandataires , pour soutenir nos plus graves intérêts ,l’opinion publique serait déjà fixée sur des hommes qu’au-raient fait distinguer la supériorité de leur intelligence, la droi-ture de leur gestion dans les affaires locales, la maturité de leurexpérience et de leur jugement, enfin , l’avantage précieux desavoir présenter des idées justes et des vues élevées , d’une ma-nière facile, claire et puissante. Les choix, au lieu d’être lefruit du hasard et du caprice , ou le résultat des vaines renom-mées , la récompense du parlage et le salaire d’une ignare suf-fisance , seraient le noble prix de services déjà rendus, accordécomme un moyen d’en rendre de plus grands encore.
Qu’on me pardonne de m’étendre aussi longuement sur desconsidérations relatives à la France , dans un ouvrage qu’on a pune croire consacré qu’à la seule Angleterre. Je suis au contrairedirectement dans mon sujet, quand je parle de l’intérêt directde mon pays. Je n’y suis que par une conséquence secon-daire , quand je cherche en quoi nos rivaux, qui d’abord setraînaient sur nos pas, ont pris l’avance, et nous laissent latâche de les dépasser à notre tour. Alors j’étudie et je dis cequ’a fait l’étranger, comme si je parlais de la France future.