VOIES PUBLIQUES. i3l
Ces causes ne suffisent pas pour expliquer la honte fiesroutes de la Grande-Bretagne ; puisqu’en plusieurs parties dunord de l’Angleterre et dans le pays de Galles , où les fortesaverses sont fréquentes, les cours d’eau rapides et torrentueux,on a construit des voies publiques d’une bonté parfaite. On a,meme en traversant des marécages et des terrains argileux,pratiqué des chemins remarquables à la fois pour leur solidité,leur assèchement et leur durée.
Ce qui démontre jusqu’à l’évidence, et contre l’opiniongénéralement reçue, que ce n’est point à l’excellence desmatériaux que les routes d’Angleterre doivent la grande répu-tation dont elles jouissent auprès des étrangers, c’est qu’onen trouve d’également bonnes, exécutées avec des matériaux dela nature la plus différente. Dans quelques comtés , en Essex ,en Sussex, en Shropshire, en Staffordshire , on fait usage deforts cailloux mêlés avec du sable. Dans le Sommerset, le Glo-cestershire et le Wiltshire , on emploie principalement la pierrecalcaire, beaucoup moins résistante, il est vrai ; mais qui,convenablement préparée et bien mise en œuvre , produit uneroute unie, solide, et plus promptement affermie que deschemins exécutés avec toute autre espèce de matériaux : sonseul défaut, alors, est de n’être pas assez durable.
On doit remarquer surtout que les voies commerciales quise .prolongent en boulevards, jusqu’au centre de la capitale,et dont la belle apparen-ce fait l’admiration des étrangers, sontconstruites avec les matériaux les plus défectueux, et, pource motif, sont peut-être les moins bonnes de toute l’Angleterre.Un tel défaut des matières premières est encore aggravé parl’immense circulation qui s’opère sur ces voies publiques.
On emploie un gravier qui se compose d’argile et de petitscailloux roulés. La forme sphérique de ces cailloux les em-pêche de s’unir comme les pierres concassées dont les faces