î5ô FORCE COMMERCIALE.
Concevons, en effet, qu’à cause de mauvaises dispositions, oud’un défaut des localités, quelques supports s’enfoncent de2 centimètres seulement, par l’effort que feront sur eux lesroues des chariots chargés. Dans ces parties , un barreau d’or-nière pourra facilement prendre un soixantième de pente.Alors , pouf traîner les chariots, il faudra plus du double dela force employée quand la route était horizontale.
Dans les premiers temps, le système des routes-ornières enfer, malgré tous les avantages dont il est susceptible , resta sansfruit réel, parce qu’on ne sut pas surmonter les difficultésde ce genre *. On perdit des sommes considérables , pour avoirfait servir comme supports, des pierres tendres et friablesqui, placées au raz du sol, étaient sujettes à toutes les varia-tions de température et d’hygrométrie de l’atmosphère.
Afin d’ohvier à cet inconvénient, on a pris le parti de sou-tenir les ornières par des madriers transversaux en fer coulé ;les abouts des pièces d’ornières sonfchevillés sur les extrémitésde ces madriers.
Il paraît que, pour les routes, l’emploi du fer forgé pré-sente beaucoup plus d’avantages que l’emploi du fer coulé.Les ornières en fer forgé ne sont pas, comme celles en fercoulé, sujettes à se casser par les ressauts des chariots, lors-qu’une pierre ou quelque petit caillou se trouve jeté sur l’or-nière. Depuis plus de huit ans, une route en fer forgé sertaux travaux de Tindall Fell en Cumberland, oh l’on voitaussi deux routes en fer coulé. Or la première est en toutd’un meilleur usage ; on l’a trouvée à la fois plus économiquedans sa construction et dans son entretien. Des expériencescomparatives faites au meme sujet, en Écosse , ont conduità la meme conclusion.
* Il faut avouer aussi que ia nature et la ténacité du sol ont une grande influencesur la solidité de ia route.