VOIES PUBLIQUES. ^83
tements de la France où les montagnes et les collines sont àpentes rapides, abruptes , et séparées seulement par des vallonsétroits, on franchira ces vallons, les précipices et les largestorrents qui coulent dans les fondrières, sur des ponts suspen-dus, légers et pourtant durables , et solides quoique économi-ques. Les laboureurs, les troupeaux, les bêtes de somme et leschasseurs n’auront plus à faire des circuits immenses et dange-reux , en parcourant la contrée, afin de suffire aux besoins ducommerce et de l’agriculture, en des localités où les commu-nications actuelles présentent une foule d’obstacles.
Pour les fleuves fort-encaissés et dont le cours est rapide,l’avantage des ponts suspendus est sensible, comparativementaux ponts ordinaires. Pour les premiers, en effet, on n’a pas àbâtir, dans le lit même du fleuve, des piles dispendieuses,difficiles à fonder, sujettes à des affouillements, et nuisibles,dangereuses même pour la navigation dont elles obstruent lavoie. Ainsi, sur tel point d’une rivière large de trois centsmètres, au milieu de laquelle il faudrait fonder au moins sixou huit piles, si l’on voulait construire un pont ordinaire, il suf-fira , pour un pont suspendu, d’attacher aux rochers des deuxrives, les extrémités de câbles en fer qui formeront une seulearche , et laisseront parfaitement libre le cours de cette rivière.
En décrivant l’embarcadère exécuté par le capitaine Brown,auprès de Leith , nous avons montré toute l’économie et la fa-cilité que procurent de semblables constructions , pour l’em-barquement et le débarquement des effets et des passagers. Ilme semble qu’on ne trouverait pas moins d’avantages dansl’érection de ponts suspendus à des fils ou à des câbles de fer,sur l’entrée de quelques-uns de nos ports militaires ou mar-chands. Il faudrait seulement placer ces ponts à telle hauteurque les bâtiments pussent passer dessous, à la voile, et sans êtreobligés de caler leurs mâts de hune.