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3 (1826) Force commerciale de Grande-Bretagne / par Charles Dupin
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28.4 FORCE COMMERCIALE.

Aqueducs et canaux suspendus . Lorsqu’on doit conduiredes eaux d’un côté à l’autre de vallées étroites et profondes, aulieu de ces aqueducs soutenus par de hautes arcades, qui né-cessitent de si fortes dépenses, il sera de la plus grande éco-nomie de former des aqueducs suspendus} lesquels pourrontêtre des tuyaux ou des caisses de bois ou de métal. Enfin, dememe qu’on a posé sur des arcades, des aqueducs en fer, assezspacieux pour que des bateaux y naviguent, on peut suspendrede semblables aqueducs à des chaînes, et franchir avec autantde sécurité que d’économie, des vallées encaissées et profondes.

Déjà la France possède un petit aqueduc, formé par unsimple tuyau de conduite, que porte une chaîne de suspension :c’est M. de Chabrol, préfet de la Seinç , qui a fait exécuter cetravail, dans ses possessions de Yolvic. M. Navier, ingénieurdes ponts et chaussées, qui est allé deux fois eu Angleterre,pour y étudier les ponts suspendus, a rédigé, sur ces construc-tions nouvelles, un excellent mémoire dans lequel il donne unprojet d’aqueducs suspendus, propres à la navigation. Ce mé-moire contient aussi le projet d’un pont suspendu qui doit, sanspiles intermédiaires, unir les deux rives de la Seine, entre lesInvalides et les Champs-Élysées *.

* Je vais présenter ici quelques extraits du rapport que j’ai rédigé au nom d’unecommission, et d’après lequel le mémoire de M. Navier a reçu l’approbation de l’Aca-démie des sciences : je choisirai les passages qui font connaître des faits indispensablesà ceux qui veulent construire des ponts suspendus. Je renvoie à l’ouvrage même, lespersonnes versées dans l’étude des mathématiques transcendantes : elles y trouverontune théorie complète de l’équilibre et des mouvements de cette espèce de ponts.

Afin de simplifier beaucoup de recherches, on peut, sans craindre d’erreur sensible,prendre pour des paraboles, les courbes formées par des chaînes de suspension. Lors-qu’un fil sans pesanteur, est-il dit dans le rapport fait à l’Académie , est tenu par deuxpoints fixes, à ses extrémités, et qu’on le charge de poids situés sur des verticaleséquidistantes , la courbe caténaire qui représente l’état d'équilibre du fil ainsi chargé ,est une parabole. Cette propriété à laquelle parvient M. Navier, avait déjà été trouvéepar l’un de nous (M. Charles Dupin ), dans les recherches qu’il a faites, pour sonArchitecture navale militaire , sur les cordes chargées de poids , au moyen desquelles