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3 (1826) Force commerciale de Grande-Bretagne / par Charles Dupin
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FORCE COMMERCIALE.

pressés les uns contre les autres, et deux lieues de longueursur quatre à cinq cents mètres de largeur, ne pouvaient suffireà leur affluence. Au milieu de cette foule de bâtiments, ilétait impossible d’empêcher de grands retards de manœuvre,et de fréquentes avaries. Il est également impossible de main-tenir un ordre parfait, dans aucun genre ; de prévenir la fraudeexercée contre l’intérêt du fisc ; et même le vol des propriétésparticulières, à bord des navires. On peut voir dans, un ouvrageintéressant publié par Colquhoun, sur la police de la Tamise ,à quel excès inconcevable étaient parvenues l’astuce et l’audacedes déprédateurs qui spoliaient les vaisseaux du commerce.Us avaient une organisation méthodique et savante, diviséepar Armes et par professions régulières. La piraterie légère( Light-horsemen ) était chargée des expéditions nocturnes;la piraterie pesante ( Heavy - horsèmen ) étaient chargée desexpéditions de jour. 11 y avait des brigades de voleurs, ton-neliers, serruriers, enfonceurs, emporte urs , bateliers-trans-porteurs, magasiniers^-receleurs, etc, Chaque soir, des déta-chements de ces corps étaient commandés pour les coups demain projetés sur tel navire , à telle heure précise, et la spolia-tion s’exécutait avec l’ensemble, le silence, la promptitudeet l’intrépidité d’une entreprise militaire. •

L’exemple que, depuis près d’un siècle, avait donné le portde Liverpool, indiquait pour la métropole, le véritable remèdeà ces délits qui retardaient la prospérité du commerce, et quiviciaient dans leur source les mœurs d’une classe nombreuse decitoyens. Londres résolut d’avoir des bassins assez grands pourcontenir les navires chargés des produits les plus précieux,ce qui présentait le double avantage de mettre ceux-ci à l’abrides déprédations, et de rendre pour les autres, plus aisée etplus efficace , la surveillance d’une police maritime instituée,depuis cette époque, dans le dessein d’arrêter un tel brigandage.