CÔTÉS ET PORTS. 79
culaire, ayant cinquante mètres de rayon *. L’objet de cet ingé-nieur, en isolant un aussi grand espace, était de pouvoir fondertout d’un coup et sans épuisements, le long mur de revêtementau fond de l’avaat-bassin , et le sas d’écluse à l’entrée du Dock.C’est dans l’intérieur du batardeau qu’on taillait et qu’on ap-pareillait les pierres nécessaires à cette maçonnerie.
Les portes busquées qui ferment l’issue du Nouveau-Docksont convexes et parfaitement exécutées
* Il fit battre sur la demi-circonférence de ce batardeau, une double file de pieuxjointifs : chaque file contenant mille pieux. Ensuite il remplit de terre glaise la zonecomprise entre ces deux circonférences. Ce batardeau, formant par sa figure une voûteen plein cintre, put être construit avec légèreté, et néanmoins avec solidité : il a sub-sisté sept années , sans autres filtrations que celles qui se faisaient par le fond du sol.
Pour battre les pieux , on avait établi une machine à vapeur sur le terrain qui sé-pare le Nouveau-Dock de l’avant-bassin. De là, par des poulies de retour, une chaîneétait conduite horizontalement jusqu’au centre du batardeau. On la dirigeait dans l’in-térieur du demi-cercle, à tel point de la circonférence qu’on voulait, pour y battre undes pieux avec le mouton, qu’on faisait cheminer à mesure qu’il fallait battre de nou-veaux pieux, sans que la chaîne dût changer, pour cela, ni de longueur, ni de fonction.
** La tête des deux poteaux busqués est couverte d’une forte garniture en fer couléUne de ces garnitures offre une entaille en triangle curviligne; à côtés concaves ;l’autre présente un saillant de même grandeur, à côtés convexes. Lorsqu'on fait bus-quer les vantaux , ce saillant qui s’emboîte exactement dans l’entaille , assure la fer-meture parfaite de la porte. Un petit chemin, établi sur les vantaux , sert au passage despiétons. Lorsque les portes sont ouvertes , la grille formant le garde-fou de ce petitchemin , gênerait pour le halage des navires , si elle n’était pas enlevée ou rabattue ;mais chacun de ses montants tourne sur une charnière établie à son extrémité infé-rieure , dès qu’on retire une goupille tenue à une petite chaîne qui la fixe au sommetd’un montant amovible peu élevé.
L’appui horizontal du garde-fou est une chaîne transûlée dans des trous percés ex-près , à travers la tête de tous les montants. Au dernier montant, du côté de la terre ,la chaîne se décroche à volonté , et file jusqu’à un petit arrêt, pour permettre auxmontants de se rabattre perpendiculairement ait contour du vantail, Le premier et ledernier montant sont tenus chacun par un arc-boutant en fer, placé dans le plan tan-gent à la porte ; ils se rabattent comme tous les autres. Du côté de la Wre, lorsquel’écluse est ouverte, les montants restent fixes. Ils sont en fer et réunis par une filièreen bois, inamovible. Ces détails sont minutieux, je l’avoue; mais ils montrent avecquelle attention les Anglais soignent les moindres parties de leurs travaux, et cherchenten tout, ce qui peut rendre leurs opératipns plus sûres et plus faciles.