CÔTES ET PORTS. 83
land sur là rive droite , et Wearmouth sur la rive gauche. Cesvilles forment une population totale de "i^ooo habitants. Ellessont jointes par un pont en fer d’une seule arche, ayant 72 mè-tres d’ouverture, et 3 o de hauteur, depuis le dessous de laclef, jusqu’au niveau de la grande marée *. ( Voyez PL II.-)Rien n’est plus frappant que la vue des deux villes et du pontqui les unit : cette arche majestueuse qui se dessine à jour,
v M Wilson , l’habile architecte qui a construit ce pont et qui est chargé de l’en-tretenir, habite , sur la rive droite, une maison bâtie aux frais dé la compagnie qui afait cette entreprise. En face , est le bureau du péagfe, où l’on donne 5 centimes parpersonne ; les chevaux et les voitures sont taxés à proportion. On obtient de visiterl’intérieur du pont, moyennant une rétribution qu’on donne au guide.
Pour examiner de plus prés la structure du pont, je suis descendu par un petit«scalier extérieur, le long de là grande culée dé la rive droite. Mon guide a ouvert uneporte qui m’a conduit dans l’épaisseur de la culée, sous un are de déchargement,dont la ligure tient le milieu entre une demi-ellipse allongée, et une voûte en tiers-point. De cette arcade transversale , trois petites portes mènent, par trois galeries , àla naissance du cintre.
Le pont a six fermes, dont voici la structure. Leur cintre est composé de troiscourbes équidistantes , divisées en éléments rectangulaires , par des traverses d’équerreavec les courbes : la distance de ces traverses est de 3 à 4 décimètres; celle des courbesconsécutives est d’environ 5 décimètres. Tout ce système est coulé à jour. Les lignesmathématiques que nous venons d’indiquer, sont représentées par des barreaux de ferqui forment entre-toise, et qui ont au moins un décimètre d’équarrissage. Chaqueferme est composée de pièces coulées d’un seul jet, ayant la hauteur comprise entréles deux courbes extrêmes ; ces éléments ou voussoirs sont réunis par escarf plat. Pourconsolider l'assemblage des voussoirs, il y a , d’une ferme à l’autre, des barres de fer,rondes , dirigées horizontalement, et terminées par un épatement quarré qui recouvrela partie où deux voussoirs se croisent. Quatre chevilles à écrous traversent, aux quatreangles , cet épatement et les deux parties de voussoirs qui se croisent. Outre cestraverses^ on "voit un système de liaisons ingénieusement disposé. Qu’on imagine lesquatre côtés d’un rectangle, avec ses deux diagonales , auxquelles on donne un certainvolume ; cet assemblage sera légeret propre à résister dans tous les sens à de grandespressions. On a fait én fer coulé , de semblables rectangles ayant en longueur la distancede deux fermes dupont. Ensuite, partant de la naissance des deux fermes extrêmes,en amont et en aval, on a placé un rectangle entre la première ferme et la seconde ;puis, en avançant sur le pont jusqu’au bord de ce rectangle, un second rectangle entrela seconde et la troisième ferme; puis, en avançant de même, un troisième rectangleentre la troisième et la quatrième ferme, etc. On voit par-là qu’une des diagonales de