COTES PORTS. 87
sa partie inferieure. La mairie calcaire est apportée, sur desroutes en fer, jusqu’à la bouche des fours *.
Au-dessus du pont de Sunderland, le Wear présente, dansles enfoncements de ses rives escarpées, des bassins et des chan-tiers de construction. Il y a aussi de grands cônes en brique,servant de verreries. Les tourbillons de fumée noire qui s’élè-
l’unit au fond de la partie supérieure. Les rebords de la partie mobile emboîtent ceuxde la partie fixe ; on empêche, ainsi le charbon de se perdre , soit vers la droite , soitvers la gauche. Une vanne verticale qu’on élève et qu’on abaisse à volonté , par l’effetd’un levier, sert à fermer la partie fixe de l’entonnoir. Deux palans , un de chaque bordde l’entonnoir, sont frappés en haut d'un balcon en bois qui s’avance jusqu’à l’aplombde la vanne. La corde qui sert de garant à chaque palan, vient s’enrouler sur le cylindred’un treuil établi sur le balcon ; avec ce treuil, l’on hausse ou l’on baisse la partie mo-bile de l’çntonnoir. Par ce moyen, l’on place toujours l’extrémité inférieure de la partiemobile , à distance convenable de l’écoutille par où l’on charge le navire, quoique cenavire s’élève avec le flux et s’abaisse avec le reflux.
* Il y a beaucoup d’autres fours à chaux ; les uns près des rives du Wear, surtoutprès de la rive gauche; les autres assez éloignés. Pour ces derniers, on apporte lachaux toute faite , jusqu’aux embarcadères ; de la même manière qu’on amène la pierrecalcaire jusqu’aux fourneaux, manière que nous allons décrire.
Les chariots employés à ce transport ont même forme et même structure que ceuxdont on se sert pour le charbon ; ils ont un frein ;• ils sont traînés par un seul chevalet guidés par un seul homme , qui, dans les pentes trop rapides, fait agir ce freinsur les roues, en pesant sur un levier. Quand le chariot arrive à la hauteur de ladéchargeoire d’un des fours à chaux , il se trouve sur un cercle tournant, dans la direc-tion d’un petit retour d’équerre de la route. Il faut alors : i°. dételer le cheval; 2 0 . fairefaire un quart de conversion au chariot ; 3°. le pousser jusqu’à l’aplomb de la dé-chargeoire; 4°. ouvrir tout à coup le sabord qui est placé sous le chariot ; 5°. avecune forte masse, frapper contre la caisse du chariot, pour détruire l’adhérence desparties de la charge ; 6°. saisir le chariot à la main , le faire reculer un peu , puisle pousser avec force contre un abutoir, en avant du trou de la déchargeoire. Lasecousse produite ainsi, désengage les pierres à chaux et les fait tomber. Elles s’é-chappent d’abord peu à peu; enfin la masse entière s’affaisse tout d’un coup, s’engouffreavec un bruit prolongé, à travers ;a déchai’geoire, d’où sort aussitôt un nuage de pous-sière qui cache en un moment l’entonnoir, l’homme et le chariot. Les ouvertures desdéchargeoires sont placées dans les intervalles qui séparent les gueules de four, alignées.La chaux faite , on la tir \ les arcades inférieures ; on en charge de nouveauxchariots, qui la conduisent àiquelques pas de là, vers une embarcadère qui présentedes entonnoirs pareils à ceux des embarcadères de charbon.