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3 (1826) Force commerciale de Grande-Bretagne / par Charles Dupin
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i4 FORCE COMMERCIALE.

appris à faire rapidement, malgré les difficultés de la mer et des localités.On mit tant d’ordre et de célérité dans les travaux, qu’en octobre on avaitcomplété la maçonnerie supérieure *. En décembre on avait posé la chambredu fanal, travaillée d’avancé et appareillée à Édinburgh. C’est un octogone

* Les deux premières assises sont enchâssées dans le rocher. La PL XIV montre comment lespierres de taille s’emboîtent les unes avec les autres, pour former une masse dont toutes lesparties sont liées, depuis le centre jusqu’à la circonférence. Les assises consécutives sont aussiliées ensemble par des tenons en pierres. Afin d’empêcher les blocs d’être soulevés par la foroede la mer, lorsque le travail était en train , on avait percé chaque pierre de la partie toutemassive de l’édifice, par deux trous qui correspondent à deux autres pénétrant de i5 cen-timètres dans l’assise immédiatement inférieure. On chassait, daBs ces trous, des gournables de5 centimètres dé diamètre, suivant la méthode employée par Smeaton . Le ciment mis en usageétait, comme pour le phare d’Eddystone , un mélange de pozzolane, deterre, de chaux et desable, en parties égales (volumes).

L’édifice èstd’une forme circulaire, composé^de blocs pesant deux mille à deux mille cinq centskilogrammes. La première assise a i3 mètres de diamètre. L’édifice diminue graduellement decirconférence, comme on peut le voir dans la figure qui représente le phare ; de manière qu’ausommet, le parapet de la chambre du fanal n’a que 4 mètres de diamètre. La hauteur totale estde 35 mètres. La porte d’entrée se trouve à 9 mit ,i5 au-dessus de la partie massive. On parvientjusqu’à cette porte , au moyen d’une éclitlle dont les montants sont en corde et les échelons enbois ; on la déploie lorsque la mer est basse ; on la retire dans l’édifice lorsque l’eau couvre lerocher. Les femmes,.et les hommes qui ne sont pas accoutumés à cette manière de monter, sonthissés dans une espèce de chaise, par une petite grue mobile,qui se projette en dehors de la porte.

À partir du seuil de cette porte, un étroit passage conduit à un escalier de 4 mètres de hau-teur. En cette partie du phare, les murs ont a m èt*,i3 d’épaisseur; cette dimension diminue depuisle sommet de l’escalier, jusqu’au mur d’appui de la chambre du fanal, où la maçonnerie n’aplus que 3 décimètres d’épaisseur. La moitié supérieure de l’édifice peut être considérée commedivisée en six appartements , pour l’usage des gardiens et pour contenir l’approvisionnement desfeux. Le plus bas ou premier de ces étages est formé par un retrait iutérieur des murs, àpartir du sommet de l’escalier dont nous venons de parler. Cet étage est principalement occupépar des caisses’à eau , par du bois de chauffage et d’autres objets volumineux. Le second étageest réservé pour les citernes d’huile, les verres et autres objets nécessaires aux fanaux. Le troi-sième sert de cuisine ; le quatrième de chambre à coucher ; le cinquième de bibliothèque ( c’estla salle des étrangers) ; enfin l’appartement supérieur ou sixième , est la chambre des fanaux.

Les planchers des divers étages sont en pierre. La communication des uns aux autres se ftîtau moyen d’échelles en bois : excepté dans la chambre des fanaux , où tous les objets devantêtre à l’épreuve du feu, les marches d’escaliers sont en fer. Il n’y a que deux fenêtres à chacundes trois appartements inférieurs, mais chaque chambre supérieure en a quatre. Tous les châssisde ces fenêtres sont doubles et garnis de glaces qu’un contrevent en bois défend, durant la nuitet dans les tempêtes, contre les vagues de la mer. Le mur qui sert de parapet à la chambre desfanaux a 18 centimètres de hauteur; on apercé dans ce mur une porte qui conduit sur lebalcon formé par la corniche, autour de la partie supérieure de l’édifice. Ce balcon est entouréd’une grille de fonte , fixée sur des pieds de bronze.

Dans la cuisine est une espèce de grille ou foyer ouvert, en fer coulé, avec un tuyau de mêmemétal pour l’échappement de la fumée. Ce tuyau monte jusqu’à la chambre des fanaux, à traverstous les appartements que la fumée échauffe dans son mouvement d’ascension. Les portes et lescloisons qui divisent les chambres, les escaliers, les bois de lit , enfin tous les ameublementssont en menuiserie très-soignée.