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3 (1826) Force commerciale de Grande-Bretagne / par Charles Dupin
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• CÔTES ET PORTS. ify

ces collines, pour ouvrir à grands frais le lit du canal, on a mieux aimédétourner la rivière même, en prenant son ancien lit pour former celuidu canal.

Du côté du lac Ness, le canal est fermé par deux écluses éloignées d’en-viron 800 mètres l’une de l’autre. Celle qui s’oppose immédiatement aux eauxdu lac, et qui sert de régulatrice aux eauX du canal , est assise sur un très-mauvais sol, et tout près de l’endroit où la Ness prend naissance 5 ce quirendit sa construction très^difficile. Cette écluse rachète une chute de i mèt, ,g8.

Le lac Ness, à sa partie orientale, où nous sommes arrivés, se resserre enforme de col de bouteille, au passage de Bona ; il présente un avant-bassin(le lac Doughfour) long de i, 5 oo mètres , sur 25 o à 3 oo de large. Ce bassin ,qui doit être considéré comme un port de relâche, quand les vents impé-tueux et contraires ne permettront pas de traverser le lac Ness, est pour celac un puisard où les eaux pluviales et celles qui proviennent de la fonte desneigeà, déposent une grande partie des matières qu’elles charrient. Aussi lelac Doughfour est-il peu profond ; il a fallu l’approfondir d’environ troismètres, suivant la direction du canal. C’est ce qu’on a fait avec un bateaudragueur *.

Pour acquérir les trois autres mètres de profondeur, qui compléteront letirant d’eau du canal, on doit construire un barrage à l’entrée de la rivièreNess. Cette opération aura l’avantage d’exhausser le niveau du lac Doughfour,presqu’à l’égal de celui du lac Ness -, elle rendra, par conséquent, très-mo-déré le courant par lequel les eaux du grand lac se déversent dans le petit,au passage de Bona 5 ce courant est naturellement si rapide , qu’il serait à peuprès impossible aux navires d’avancer contre sa direction.

Le lac Ness a 35 kilomètres de longueur. Dans une si grande étendue , salargeur ne varie guère qu’entre 12 et 16 cents mètres 5 sa profondeur va jus-qu’à 240 mètres. Au-dessous de l’eau , les bords ont une pente très-rapide ,puisqu’à une très-petite distance du rivage, on trouve de 120 à i5o mètresd’eau. Il faut excepter toutefois, les baies d’Urquhart, Invermorisson , Cherry-Island et l’extrémité occidentale du lac. Dans ces endroits mêmes, la pro-fondeur de l’eau va de 22 à 48 mètres. En trouvant auprès du rivage , unetelle profondeur, on a regardé comme nécessaire d établir des bouées fixesde mouillage , afin qu’on y puisse amarrer les navires , sans avoir à jeter desancres que l’on aurait ensuite beaucoup de peine à retirer d’un fond très-tenace;

* La machine de ce bateau , l’une des mieux exe'cute'es que j’aie vues, est l’ouvrage deM. Hughes. Eq douze mois elle a tire' 90,000 tonneaux de gravier. Lorsqu’il s’est trouve', dansle lac , des arbres et des rochers enfouis sous la vase et le gravier, ou a remplace' les godets duchapelet par des pics et des harpons ferres.