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3 (1826) Force commerciale de Grande-Bretagne / par Charles Dupin
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i68 FORCE COMMERCIALE.

En remontant la rive droite du Clyde , à huit ou dix kilo-mètres de Dumbarton , nous arrivons à l’embouchure d’uncanal qui mérite de fixer toute notre attention.

Canal de Forth-et-Clyde . Dans l’alignement de ce canal,une suite de gorges peu éleve'es et de vallons, sépare la Hautede la Basse-Ecosse. Les Romains avaient saisi cette directionremarquable, pour en faire une ligne de défense contre lesCalédoniens. Sous le règne d’Antonin-le-Pieux , ils avaientconstruit une muraille flanquée de tours, depuis le Forth, àl’embouchure de la rivière Carron jusqu’au Clyde. La posi-tion militaire qui ne servait, au 3 e . siècle, qu’à mettre dansl’isolement, et sauver de la destruction, les frontières d’unempire déjà penchant vers sa ruine, fut reprise, au 18 e . siècle ,pour y créer un moyen puissant de circulation, de commerceet de production.

En 1768 , un Acte du parlement autorisa l’entreprise ducanal de Forth-et-Clyde, avec un embranchement jusqu’àGlasgow . Les travaux commencèrent sans retard \ sous la con-duite de Smeaton , et d’après les plans d’un M. Kell, approu-vés par Brindley. On manqua souvent de fonds-*, et le canal11e fut tout-à-fait achevé qu’en 1790, sous la direction deWithworth. Cependant, dès 1777, il était navigable, depuis le

* A l'époque où l’on commença les travaux du canal de Fortli-et-Clyde , la Basse-Écosse était bien éloignée de ce degré d’opulence, auquel elle est parvenue de nos jours :Les actionnaires n’ayant pu compléter leur nombre , ils durent augmenter le taux deleurs actions. En 1778, les travaux n’étant point achevés, et les fonds supplémen-taires se trouvant épuisés , il fallut ouvrir un nouvel emprunt qui ne put être rempli.Alors le gouvernement vint au secours d’une entreprise qui devait puissamment tournerau profit de la plus belle partie de l’Ecosse -, il prêta 5 o,ooo liv. st. , en se réservantdans les dividendes, une portion de revenu proportionnée à celle des simples action -naires. Avec ce secours et celui d’un emprunt de 20,000 liv. st., on acheva les travaux ,en t 790. Aussitôt que la communication des deux mers , par le Forth et le Clyde , futcomplètement établie, le revenu du canal doubla de valeur. En peu d’années , la com-pagnie put rembourser, sur ses bénéfices , les 70,000 liv. st. qu’elle avait empruntées.