Buch 
3 (1826) Force commerciale de Grande-Bretagne / par Charles Dupin
Entstehung
Seite
171
JPEG-Download
 

CÔTES ET PORTS. t'ji

au grand galop. La manœuvre à bord du navire est pareillement digne d’at-tention , ainsi que le moyen de lâcher au besoin la corde de lialage *. Enliyver, on brise la glace, afin que les voyages ne soient pas interrompus **.

Chez un peuple commerçant, la rapidité des transports est un objet de laplus haute importance ; elle favorise beaucoup l’activité , la multiplicationdes affaires , et l’étendue de la circulation. Par exemple, grâce aux moyens -mis en usage pour accélérer les voyages , sur le canal de Forth-et-Clyde, on vade Glasgow jusqu’au Forth, en cinq heures de temps*, cinq autres heuressuffisent pour aller, par la diligence, jusqu’à Édinburgh . Voici les résultatsd une telle célérité. En 1812 , le nombre des voyageurs qui avaient pris celteroute économique et rapide, fut de quarante-quatre mille; en 1813, il futde soixante-quatre mille ; en 1814 , de soixante-quinze mille ; et en i8i5, dequatre vingt-quinze mille. Depuis cette époque , il est devenu plus considé-rable encore , et le revenu du canal s’est augmenté d’autant. Un tel exemplemérite de fixer toute l’attention de nos propriétaires de voies hydrauliques.

Le canal conduit, par un embranchement de 4 7 kilomètres , sur la collinede Hamilton, située au nord de Glasgow . En cet endroit, on a creusé un bassinde trois hectares, entouré de quais et de magasins, c’est le Port Dundas ***.Rien n’est plus frappant, lorsqu’on se place sur la rive gauche du Clyde, qued’apercevoir devant soi des navires au niveau du sol, et, par-dessus la ville,d’autres navires élevant leurs mâts dans les airs. Du port Dundas on descendjusqu’à Glasgowj par une route-ornière dont nous avons parlé (t. I er ., p. i 5 j).

* Il arrive souvent qu’on a besoin de lâcher la corde qui sert pour haler le bateau , soit aupassage des ponts et des écluses, soit â certaines rencontres de bâtiments , etG. Cette corde estterminée , du côté du navire, par une simple boucle qui est engagée sur une cheville ou toletvertical, vers la partie antérieure du pont de la galiote (il y a un tolet de chaque bord). Le toletest plus gros en haut qu’en bas , pour empêcher la corde de traction de s’échapper, lorsqu’ilest vertical ; il peut se rabattre au besoin , autour d’un essieu horizontal, lorsqu’on pèse avecle pied, sur une touche qui fait baisser un ressort. A l’instant pre'cis où le marinier placé àl’avant de la galiote, veut lâcher la corde de traction, il appuie sur le èessort. Par la tensionqu’éprouve la corde en servant au halage de la galiote , elle abat le tolet, dont elle se dégageà l’instant même. Ce méchanisme est bien simple, et nous pourrions l’employer à bord de tousnos coches d’eau. Il ferait souvent éviter des accidents graves ; il épargnerait une grande pertede temps.

** J’ai remarqué, sur le canal, des bateaux très-plats dont la proue avait ses lignes d’eauperpendiculaires à la direction du courant. Suivant les lignes de plus grande pente de cetteproue et dans des plans parallèles à la quille, on a fixé des nervures saillantes, en fer. Pendantl’hyver, ces bateaux sont employés pour couper la glace qui empêcherait, sans cela, la naviga-tion. Ces brise-glaces partent, chaque matin , avant les galiotes qui portent les passagers etque rien ne doit retarder.

*** Le port Dundas n’est pas le seul bassin construit pour le canal. On a creusé des bassinsd’assèchement près de l’aqueduc de Kelvin , et près de l’embouchure du canal, dans le Clyde

22