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3 (1826) Force commerciale de Grande-Bretagne / par Charles Dupin
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*7 6 \ FORCE COMMERCIALE.

Les moyens employés pour fournir à Glasgow des eauxpures et salubres, ne sont pas moins dignes d’étude *.

Un établissement dont je n’ai vu d’imitation nulle part, estune maison publique construite aux frais de la ville, sur le borddu Clyde, afin que chacun puisse y venir laver son linge et l’yfaire garder, pour un prix très-modique

Arrêtons-nous plus particulièrement sur les institutions quiconcourent aux progrès de l’industrie, et du savoir qui la guide.En 1788, un marchand de Glasgow , M. Coûter, parmi

* Au moyen d’une machine à vapeur, on élève les eaux du Clyde, à 24 mètres dehauteur, pour les diriger sur une colline, à l’ouest de la ville. Là, elles séjournentd'abord dans un grand réservoir quarré. Elles débouchent ensuite par quatre tuyauxde fer, dans quatre longs fossés , creusés au milieu d’un dépôt de sable, accumulé toutexprès. Ces fossés, établis à 3 mètres l’un de l’autre, et parallèles, ont 4 mètres delargeur au raz du sol.

A plus d’un mètre au-dessous du fond des fossés, on a fait un lit de pavés qui pré-sente quatre dos d’âne à l’aplomb des quatre fessés, et des rigoles à l’aplomb du milieude l'intervalle des fossés. Sur ces rigoles , qui s’étendent aussi loin que les fossés etmême plus loin, jusqu’à un réservoir pour l’eau épurée , on a fait de petits arceaux enpierres sèches posées à dessein irrégulièrement, pour laisser beaucoup d’interstice;oh a chargé ces pierres de petits cailloux , sur lesquels on a versé le sable qui forme lefond et les rebords des fossés. Il est aisé de voir que l’eau des fossés , filtrant à traversle sable, les cailloux et les pierres sèches, descend dans les rigoles qui, par unepente bien ménagée , l’amènent au réservoir d’eau épurée. De là jusqu’aux étagessupérieurs des maisons de la ville, des tuyaux syplions servent à conduire cette eau,dans un état de parfaite pureté.

** Deux cents laveurs ou laveuses peuvent y travailler à la fois. Cent grandes tineset quatre-vingts petites, cent banquettes pour s’asseoir, forment le mobilier de l’établis-sement. Voici quelques-uns des prix qu’on paie lorsqu’on en fait usage. Eau chaude etfroide pour la consommation d’une laveuse, pendant un jour, sans tines et sans ban-quettes, 4° centimes ; pour un demi-jour, 3o centimes. Location, pendant un jour,d’une grande tine, 10 centimes ; d’une petite, 5 centimes; d’une banquette, 5 centimes.

Remarquons aussi qu’attenant à la maison se trouve un enclos gazonné , sur lequelchacun peut étendre son linge , et le consigner à la garde d’un homme qui n’a pasd’autre occupation; il en répond pour 3o ou 4o centimes, durant tout un jour; etpour le double, durant une nuit. Les personnes versées dans l’économie industriellejugeront de quel avantage sont pour la société, de semblables entreprises, soit afind’économiser le combustible, soit afin d’économiser la main-d’œuvre.