CÔTES ET PORTS. 217
3°. d’un pignon ; 4°* d’une roue dentée : ce système est établi sur la plate-forme et sous la partie saillante de la grue. La dernière roue dentée est ac-collée à une roue plane qui appuie sur la partie horizontale du quai. Cetteroue plane est obligée , pour se mouvoir, de porter sur le quai , et fait ainsitourner la grue. Dans une position diamétralement opposée à cette granderoue plane , une roulette pareillement plane , et fixée sous le bord de la plate-forme , sert à la supporter quand la grue est oisive.
Lorsqu’on manœuvre la grue pour élever des pierres qui pèsent chacuneenviron deux tonneaux , il faut : i°. un homme pour ralentir et même arrêter,avec le frein , le mouvement que reçoit la chaîne de traction ; 2 0 . deux hommesqui font tourner la grue sur elle-même, pendant que le fardeau achève des’élever ; 3°. deux matelots qui s’occupent, dans le bâtiment qu’on décharge ,d amarrer la chaîne au fardeau; 4°* deux maçons qu’on place près du chariot,pour décrocher la chaîne d’amarrage.
Au bout delà chaîne de traction se trouve un croc à émérillon , dans lequelest engagé par le milieu, un nouveau bout de chaîne terminé d’un côté parun croc et de l’autre par une grande boucle. Quand on amarre cette chaîne àun bloc de pierre , on rendouble la partie de la seconde chaîne qui porte lecroc, en la passant par-dessous le bloc ; on engage aussi haut que possible lecroc dans un maillon de l’autre bout de cette chaîne. Le reste de ce dernierbout pend librement et ne sert à rien.
J’ai remarqué que la partie de la chaîne qui doit passer en dessous du blocet qui tient immédiatement au croc , est à maillons bien plus petits que l’autrepartie. Cette disposition a l’avantage que la partie de chaîne qu’il faut passeret contourner autour du bloc , est la plus maniable; et que les larges chaînonsde l’autre reçoivent plus aisément le croc qu’on y engage.
Il faurun peu moins de six minutes pour élever h cinq mètres de hauteurun bloc pesant de deux tonneaux à deux tonneaux et demi, amarrer la chaîne ,placer le bloc sur un chariot, démarrer la chaîne , faire reprendre à la gruesa première position , faire redescendre la chaîne de traction , et se mettreen état de recommencer la même opération.
On a coulé cette belle grue, en 1814 , à la fonderie de MM. Aydon etElwell, à Shelf auprès de Bradfort, dans le comté d’York. J’ai remarque^unemachine du même genre, mue à bras , mais établie _sur quatre roulettes enfer qui peuvent courir sur des routes-ornières , dans toutes les parties duvaste chantier où l’on taille les pierres nécessaires à la bâtisse du nouveau Dock.Elle sort de la même fonderie d’Àydon et Elwell ; elle est timbrée 1817 *.
Lorsque cette grue , que deux chevaux conduisent aisément, est amenée
* La grue pèse neuf tonneaux, elle a coûte' 20 liv. st. par tonneau.
II.
28