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3 (1826) Force commerciale de Grande-Bretagne / par Charles Dupin
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CÔTES ET PORTS.

seul mètre, en pure perte, aux cargaisons qu’on embarque ou qu’on débarque.

J’ai remarqué , dans les chantiers de construction de Liverpool, des trique -balles extrêmement avantageux. Ils ont un essieu , deux roues et deux bran-cards. Au-dessus de l’essieu, l’on a fixé, sur deux montants, un cylindrehorizontal autour duquel s’enveloppe une chaîne dont le bout libre porte deuxcrocs semblables aux deux pinces d’une tenaille. Quand on veut se servir dutriqueballe pour transporter une pièce de bois qui se trouve dans une pile , unouvrier fait, avec Un marteau, mordre sur le bout de la pièce les deux pincesde la tenaille ; le conducteur fouette son cheval et dégage la pièce de la pile.Ensuite il s’arrête, vire avec un levier le cylindre horizontal , toujours con-tenu par un cliquet ; il soulève ainsi le bout antérieur de la pièce : l’autrebout posant sur terre, le méchanisme du triqueballe n’a plus que la moitiédu poids à soulever. Ces préparatifs achevés , le voiturier conduit son tri-queballe à. l’endroit qui lui est désigné. Dans les arsenaux de la marine , unsemblable appareil serait excellent pour le transport des bois droits ou peucourbés, tels que des quilles, des étambots, des plançons, des varanguesplates, des jas d’ancre , etc. L’architecture civile peut se servir d’un pareiltriqueballe , avec non moins d’avantage.

Les Anglais font également usage de nos triqueballes ; ils les emploient,comme nous, à transporter des pièces fortement courbées. J’ai vu des matstrès-gros et très-longs , portés par deux triqueballes ; celui d’avant ayant saflèche tirée par des chevaux , celui d’arrière ayant sa flèche tournée vers bar-rière ; cette.flèche, qui sert de gouvernail, est manoeuvrée par des hommes.

Les très-grandes roues des triqueballes anglais sont fortifiées par deuxcercles plats et concentriques , fixés sur les rais , entre les jantes et le moyeu.Les plans de ces roues, au lieu d’être parallèles entr’eux , sont inclinés ; ils serapprochent vers le bas, suivant le système général des voitures anglaises.

Lorsqu’on veut retourner des bois, dans un chantier, on se sert d’un moyeningénieux. Un anspect est terminé par un bout quarré, armé d’une forte pointeque l’ouvrier plante dans la pièce qu’il veut virer ; une tige de fer, perpendi-culaire à l’anspect, est pliée d’équerre, environ à trois décimètres de l’ex-trémité de cette partie quarrée. Le poinçon est posé sur la pièce qu’on doittourner, tandis que le retour d’équerre de la tige en fer appuie contre un descôtés de cette pièce 5 l’ouvrier fait effort du côté opposé 5 alors le poinçon s’en-fonce dans la pièce , par la simple pression, et le retour d’équerre de la tigemétallique fait tourner cette pièee.Ici la puissance est à la résistance commela demi-épaisseur de la pièce est à cette demi-épaisseur plus la longueur dulevier 5 ainsi le rapport est à son maximum d’avantages.

Lorsque l’ouvrier veut faire glisser une pièce sur une autre, il passe d’abord