8 VIE DE NAPOLÉON BETON APARTE,
il arrive ordinairement auv nations aussibien qu’aux individus, elle avait payé cherle plaisir de la vengeance. Ses finances,successivement maniées par plusieurs mi-nistères dont les vues bornées ne s’éten-daient qu’au besoin du moment, présen-taient alors une situation alarmante. Lesplus hardis, les plus entreprenans de tousles ministres eussent reculé sans doute ,quelle qu’eût été leur audace, devant d’idéed'une guerre nouvelle ou d’une mesurequelconque dont la guerre aurait pu êtrele résultat.
L’Espagne se trouvait dans le même étatd’épuisement ; elle s’était vue entraînéedans l’alliance contre l’Angleterre, non-seulement par suite du pacte de familleconclu entre ses Bourbons et ceux deFrance , mais surtout par le désir ardentet exclusif de rentrer en possession de Gi braltar . Depuis long-temps, blessée de voircette importante forteresse au pouvoir d’é-trangers hérétiques, la fierté castillane ap-plaudit hautement à une guerre qui luioffrait l’espoir de rentrer dans la place, et