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RÉVOLUTION FRANÇAISE.
CHAPITRE IV.
DEPUIS l.E MOIS d’aVIHI. 1791 JI'SQu’aU 50 SEPTEMBRE, TEIIME DE LASSEMBLLECOASTITIAATE.
Politique de l’Europe avant la révolution française ; système d’alliances suivi parles divers États. — Coalition générale contre la révolution ; motifs de chaquepuissance. — Conférences de Mantoue et circulaire de Pavic. — Fuite de Varen-nes; arrestation du roi; sa suspension. — Le parti républicain se sépare pour lapremière fois du parti constitutionnel monarchique. — Ce dernier rétablit leroi. — Déclaration de Pilnitz. — Le roi accepte la constitution. — Fin de l’assem-blée constituante; jugement sur elle.
La révolution française devait changer la politique de l’Europe ;elle devait terminer la lutte des rois entre eux, et commencer celledes rois avec les peuples. Cette dernière eût été beaucoup plus tar-dive , si les souverains eux-mêmes ne l’eussent pas provoquée. Ilsvoulurent réprimer la révolution, et ils l’étendirent ; car, en l’at-taquant , ils devaient la rendre conquérante. L’Europe était alorsarrivée au terme du système politique qui la régissait. L’existencedes divers États, après avoir été tout intérieure sous le gouverne-ment féodal, était devenue tout extérieure sous le gouvernementmonarchique. La première époque avait fini presque en mêmetemps pour les grandes nations de l’Europe . Alors les rois quiavaient été si longtemps en guerre avec leurs vassaux, parce qu’ilsétaient en contacf avec eux, se rencontrèrent les uns les autres auxlimites de leurs États et se combattirent. Comme nulle dominationne put devenir universelle, ni celle de Charles-Quint , ni celle deLouis XIV , les faibles se liguant toujours pour abaisser les plusforts, il s’établit, après diverses vicissitudes de supériorité et d’al-liances, une espèce d’équilibre européen. Il n’est pas inutile de