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Histoire de la révolution française depuis 1789 jusqu'en 1814 / par F.-A. Mignet ; augmentée de l'histoire de la restauration jusqu'a l'avénement de Louis-Philippe Ier par Emile de Bonnechose
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ASSEMBLÉE CONSTITUANTE .

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» pouvoirs ; le gouvernement marcha, la tranquillité publique» néprouva pas le moindre choc; et Paris et la France apprirent» par cette expérience devenue si funeste à la royauté, que presque» toujours le monarque est étranger au gouvernement qui existe» sous son nom. »

Cependant Louis XVI et sa famille approchaient du terme deleur voyage. Le succès des premières journées, léloignement deParis , rendirent le roi moins réservé et plus confiant; il eut lim-prudence de se montrer, il fut reconnu et arrêté à Varennes, le 21.Dans un instant, toutes les gardes nationales furent sur pied ; lesofficiers des détachements postés par Bouillé voulurent vainementdélivrer le roi ; les dragons et les hussards craignirent ou refusèrentde les seconder. Bouillé, averti de ce funeste accident, accourutlui-même à la tête dun régiment de cavalerie. Mais il nétait plustemps; lorsquil arriva à Varennes, le roi en était parti depuis plu-sieurs heures ; ses escadrons étaient fatigués et refusaient dallerplus avant. Les gardes nationales étaient partout sous les armes,et il ne lui resta plus, après le mauvais succès de son entreprise,quà quitter larmée et la France .

Lassemblée, en apprenant larrestation du roi, envoya pourcommissaires auprès de lui trois de ses membres, Pétion , Latour- Maubourg et Barnave : ils joignirent la famille royale à Épernay ,et retournèrent avec elle. Ce fut pendant ce voyage que Barnave ,touché du bon sens de Louis XVI , des prévenances de Marie-Antoi­ nette et du sort de toute cette famille royale si abaissée, luitémoigna le plus vif intérêt. Dès ce jour, il lui prêta ses conseils etson appui. Le cortège, en arrivant à Paris , traversa une fouleimmense qui ne fit entendre ni applaudissements ni murmures, etqui garda un long silence improbateur.

Le roi fut provisoirement suspendu ; on lui donna une gardeainsi quà la reine; des commissaires furent nommés pour linter-roger. Tous les partis sagitèrent : les uns voulaient le maintenirsur le trône malgré sa fuite ; les autres prétendaient quil avaitabdiqué, en condamnant, dans un manifeste adressé aux Français ,lors de son départ, et la révolution et les actes émanés de lui pen-dant cette époque, quil appelait un temps de captivité.

Le parti républicain commençait alors à paraître. Jusque-il avait été ou dépendant ou caché, parce quil navait pas eu