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» pouvoirs ; le gouvernement marcha, la tranquillité publique» n’éprouva pas le moindre choc; et Paris et la France apprirent» par cette expérience devenue si funeste à la royauté, que presque» toujours le monarque est étranger au gouvernement qui existe» sous son nom. »
Cependant Louis XVI et sa famille approchaient du terme deleur voyage. Le succès des premières journées, l’éloignement deParis , rendirent le roi moins réservé et plus confiant; il eut l’im-prudence de se montrer, il fut reconnu et arrêté à Varennes, le 21.Dans un instant, toutes les gardes nationales furent sur pied ; lesofficiers des détachements postés par Bouillé voulurent vainementdélivrer le roi ; les dragons et les hussards craignirent ou refusèrentde les seconder. Bouillé, averti de ce funeste accident, accourutlui-même à la tête d’un régiment de cavalerie. Mais il n’était plustemps; lorsqu’il arriva à Varennes, le roi en était parti depuis plu-sieurs heures ; ses escadrons étaient fatigués et refusaient d’allerplus avant. Les gardes nationales étaient partout sous les armes,et il ne lui resta plus, après le mauvais succès de son entreprise,qu’à quitter l’armée et la France .
L’assemblée, en apprenant l’arrestation du roi, envoya pourcommissaires auprès de lui trois de ses membres, Pétion , Latour- Maubourg et Barnave : ils joignirent la famille royale à Épernay ,et retournèrent avec elle. Ce fut pendant ce voyage que Barnave ,touché du bon sens de Louis XVI , des prévenances de Marie-Antoi nette et du sort de toute cette famille royale si abaissée, luitémoigna le plus vif intérêt. Dès ce jour, il lui prêta ses conseils etson appui. Le cortège, en arrivant à Paris , traversa une fouleimmense qui ne fit entendre ni applaudissements ni murmures, etqui garda un long silence improbateur.
Le roi fut provisoirement suspendu ; on lui donna une gardeainsi qu’à la reine; des commissaires furent nommés pour l’inter-roger. Tous les partis s’agitèrent : les uns voulaient le maintenirsur le trône malgré sa fuite ; les autres prétendaient qu’il avaitabdiqué, en condamnant, dans un manifeste adressé aux Français ,lors de son départ, et la révolution et les actes émanés de lui pen-dant cette époque, qu’il appelait un temps de captivité.
Le parti républicain commençait alors à paraître. Jusque-làil avait été ou dépendant ou caché, parce qu’il n’avait pas eu