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RÉVOLUTION FRANÇAISE.
» cents ans de vertu et de haine contre les rois; si la Grande-Bre-» tagne, après Cromwell mort, vit renaître les rois malgré son» énergie, que ne doivent pas craindre parmi nous les bons citoyens,» amis de la liberté, en voyant la hache trembler dans vos mains,» et un peuple, dès le premier jour de sa liberté, respecter le sou-» venir de ses fers? »
Ce parti violent, qui voulait remplacer une sentence par un coupd’état, ne suivre aucune loi, aucune forme, mais frapper Lous XYIcomme un prisonnier vaincu, en faisant survivre les hostilitésmême à la victoire, était en très-faible minorité dans la conven-tion ; mais au-dehors il se trouvait fortement soutenu par lesJacobins et par la commune. Malgré la terreur qu’il inspirait déjà,ses meurtrières invitations furent repoussées par la convention , etles partisans de l’inviolabilité firent valoir, à leur tour, et aveccourage, les motifs d’intérêt public en même temps que les règlesde la justice et de l’humanité. Ils soutenaient que les mêmeshommes ne pouvaient pas être et juges et législateurs, et accusa-teurs et jurés. Ils voulaient d’ailleurs qu’on donnât à la républiquenaissante le lustre des grandes vertus, celles de la générosité et dupardon : ils voulaient qu’on suivît l’exemple du peuple de Rome ,qui conquit sa liberté et qui la conserva cinq cents ans, parcequ’il se montra magnanime, parce qu’il bannit les Tarquins, etqu’il ne les fit point périr. Sous le rapport de la politique, ils mon-traient les conséquences d’une condamnation à l’égard du partianarchiste, quelle rendrait plus audacieux, et à l’égard de l’Europe ,dont elle entraînerait les puissances encore neutres dans la coalitioncontre la république.
Mais Robespierre , qui pendant ce long procès montra uneaudace et une obstination qui présageaient de loin sa toute-puis-sance , parut à la tribune pour soutenir l’avis de Saint-Just, pourreprocher à la convention de remettre en doute ce que l’insurrectionavait décidé, et de relever, par la pitié et la publicité d’unedéfense, le parti royaliste abattu. « L’assemblée, dit Robespierre ,» a été entraînée à son insu loin de la véritable question. Il n’y a» point ici de procès à faire ; Louis n’est point un accusé, vous» n’êtes point des juges, vous n’ètes et ne pouvez être que des» hommes d’Etat. Vous n’avez point une sentence à rendre pour» ou contre un homme, mais une mesure de salut public à