CONVENTION NATIONALE.
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dirigé que par des motifs d’intérêts anglais . La consolidation deson pouvoir dans son propre pays, l’empire exclusif dans les deuxIndes et sur les mers, l’achèvement de la révolution coloniale com-mencée contre lui, et qu’il importait de rendre commune auxautres puissances maritimes, surtout dans l’Amérique du Sud ,afin de servir d'intermédiaire entre les Deux-Mondes, devenusindépendants l’un de l’autre : tels étaient les résultats qu’il espéraitde ce grand choc continental.
Le cabinet de Saint-James fit alors la seconde levée de la coali-tion. L’Espagne venait d’éprouver un changement ministériel : lefameux Godoï, duc d’Alcudia , et depuis prince de la Paix, avaitété placé à la tête du gouvernement par une intrigue de l’Angle-terre et de l’émigration. Cette puissance rompit avec la républi-que, après avoir vainement intercédé pour Louis XYI, et mis saneutralité au prix de la vie du roi. L’empire germanique adhératout entier à la guerre : la Bavière , la Souabe et l’électeur Palatinse joignirent aux Cercles belligérants de l’empire. Naples suivitl’exemple du Saint-Siège , qui s’était déjà déclaré ; et il ne restaplus d’États neutres que Venise , la Suisse , la Suède , le Dane-marck et la Turquie . La Russie était encore occupée du secondpartage de la Pologne .
La république eut ses flancs menacés par les troupes les plusaguerries de l’Europe . Il lui fallut bientôt combattre quarante-cinqmille Austro-Sardes, aux Alpes ; cinquante mille Espagnols , auxPyrénées ; soixante-dix mille Autrichiens ou Impériaux , renforcésde trente-huit mille Anglo-Bataves, sur le bas Rhin et en Belgi que ; trente-trois mille quatre cents Autrichiens, entre Meuse etMoselle ; cent douze mille six cents Prussiens, Autrichiens etImpériaux,' sur le moyen et haut Rhin . Pour faire face à tantd’ennemis, la convention décréta une levée de trois cent millehommes. Cette mesure de défense extérieure fut accompagnéed’une mesure de parti pour l’intérieur. Au moment où les batail-lons nouveaux quittèrent Paris , et se présentèrent à l’assemblée,la Montagne demanda l’établissement d’un tribunal extraordinairepour soutenir au-dedans la révolution, que les bataillons allaientdéfendre sur les frontières. Ce tribunal, composé de neuf mem-bres , devait juger sans jury et sans appel. Les Girondins s’élevè-rent de toutes leurs forces contre une institution aussi arbitraire