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Histoire de la révolution française depuis 1789 jusqu'en 1814 / par F.-A. Mignet ; augmentée de l'histoire de la restauration jusqu'a l'avénement de Louis-Philippe Ier par Emile de Bonnechose
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CONVENTION NATIONALE.

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dirigé que par des motifs dintérêts anglais . La consolidation deson pouvoir dans son propre pays, lempire exclusif dans les deuxIndes et sur les mers, lachèvement de la révolution coloniale com-mencée contre lui, et quil importait de rendre commune auxautres puissances maritimes, surtout dans lAmérique du Sud ,afin de servir d'intermédiaire entre les Deux-Mondes, devenusindépendants lun de lautre : tels étaient les résultats quil espéraitde ce grand choc continental.

Le cabinet de Saint-James fit alors la seconde levée de la coali-tion. LEspagne venait déprouver un changement ministériel : lefameux Godoï, duc dAlcudia , et depuis prince de la Paix, avaitété placé à la tête du gouvernement par une intrigue de lAngle-terre et de lémigration. Cette puissance rompit avec la républi-que, après avoir vainement intercédé pour Louis XYI, et mis saneutralité au prix de la vie du roi. Lempire germanique adhératout entier à la guerre : la Bavière , la Souabe et lélecteur Palatinse joignirent aux Cercles belligérants de lempire. Naples suivitlexemple du Saint-Siège , qui sétait déjà déclaré ; et il ne restaplus dÉtats neutres que Venise , la Suisse , la Suède , le Dane-marck et la Turquie . La Russie était encore occupée du secondpartage de la Pologne .

La république eut ses flancs menacés par les troupes les plusaguerries de lEurope . Il lui fallut bientôt combattre quarante-cinqmille Austro-Sardes, aux Alpes ; cinquante mille Espagnols , auxPyrénées ; soixante-dix mille Autrichiens ou Impériaux , renforcésde trente-huit mille Anglo-Bataves, sur le bas Rhin et en Belgi­ que ; trente-trois mille quatre cents Autrichiens, entre Meuse etMoselle ; cent douze mille six cents Prussiens, Autrichiens etImpériaux,' sur le moyen et haut Rhin . Pour faire face à tantdennemis, la convention décréta une levée de trois cent millehommes. Cette mesure de défense extérieure fut accompagnéedune mesure de parti pour lintérieur. Au moment les batail-lons nouveaux quittèrent Paris , et se présentèrent à lassemblée,la Montagne demanda létablissement dun tribunal extraordinairepour soutenir au-dedans la révolution, que les bataillons allaientdéfendre sur les frontières. Ce tribunal, composé de neuf mem-bres , devait juger sans jury et sans appel. Les Girondins sélevè-rent de toutes leurs forces contre une institution aussi arbitraire