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RÉVOLUTION FRANÇAISE.
finir la révolution et de pacifier les partis. Son journal produisitbeaucoup d’effet sur l’opinion ; il donna un peu d’espoir et de cou-rage. On se demandait de toutes parts : Avez-vous lu le VieuxCorJelier? En même temps, Fabre -d’Églantine, Lacroix, Bourdonde l’Oise excitaient la convention à secouer le joug du comité ; ilscherchaient à réunir la Montagne et la droite pour rétablir la libertéet la puissance de l’assemblée. Comme les comités étaient tout-puissants , ils essayèrent de les ruiner peu à peu ; c’était la marchequ'il fallait suivre. Il importait de changer l’opinion, d’encouragerl’assemblée, afin de s’appuyer sur une force morale contre la forcerévolutionnaire, sur le pouvoir de la convention contre le pouvoirdes comités. Les Montagnards dantonistes essayèrent de détacherRobespierre des autres décemvirs; Billaud-Yarennes, Collot-d’Her-bois et Saint-Just leur paraissaient seuls irrémédiablement attachésau système de la terreur. Barrère y tenait par faiblesse, Couthon par dévouement à Robespierre . Ils espéraient gagner celui-ci à lacause de la modération, par son amitié avec Danton , par ses idéesd’ordre, ses habitudes d’austérité, sa profession publique de vertuet son orgueil. Il avait défendu soixante-treize députés girondinsdétenus contre les comités et les Jacobins ; il avait osé attaquerCloolz et Hébert comme ultra-révolutionnaires, et il avait pufaire décréter par la convention l’existence de l’Être Suprême.Robespierre était la plus grande renommée populaire d’alors ; ilétait en quelque sorte le modérateur de la république et le dic-tateur de l’opinion ; en le gagnant, on comptait venir à bout etdes comités et de la commune, sans compromettre la cause de larévolution.
Danton le vit à son retour d’Arcis-sur-Aube, et ils parurent s’en-tendre; attaqué aux Jacobins , il fut défendu par lui. Robespierre lut et corrigea lui-mème le Vieux Cordelier, en l’approuvant. Enmême temps, il professa quelques principes de modération; maisalors tous ceux qui exerçaient le gouvernement révolutionnaire ouqui le croyaient indispensable, s’émurent. Billaud-Yarennes et Saint- Just soutinrent ouvertement la politique des comités. En parlantdu dernier, Desmoulins avait dit : Il s’estime tant, qu’il porte arecrespect sa tête sur ses épaules comme un saint-sacrement. — Et moi,répondit Saint-Just , je lui ferai porter la sienne comme un Saint-Denis.Collot-d’Herbois , qui était en mission, arriva sur ces entrefaites;