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Histoire de la révolution française depuis 1789 jusqu'en 1814 / par F.-A. Mignet ; augmentée de l'histoire de la restauration jusqu'a l'avénement de Louis-Philippe Ier par Emile de Bonnechose
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RÉVOLUTION FRANÇAISE.

finir la révolution et de pacifier les partis. Son journal produisitbeaucoup deffet sur lopinion ; il donna un peu despoir et de cou-rage. On se demandait de toutes parts : Avez-vous lu le VieuxCorJelier? En même temps, Fabre -dÉglantine, Lacroix, Bourdonde lOise excitaient la convention à secouer le joug du comité ; ilscherchaient à réunir la Montagne et la droite pour rétablir la libertéet la puissance de lassemblée. Comme les comités étaient tout-puissants , ils essayèrent de les ruiner peu à peu ; cétait la marchequ'il fallait suivre. Il importait de changer lopinion, dencouragerlassemblée, afin de sappuyer sur une force morale contre la forcerévolutionnaire, sur le pouvoir de la convention contre le pouvoirdes comités. Les Montagnards dantonistes essayèrent de détacherRobespierre des autres décemvirs; Billaud-Yarennes, Collot-dHer-bois et Saint-Just leur paraissaient seuls irrémédiablement attachésau système de la terreur. Barrère y tenait par faiblesse, Couthon par dévouement à Robespierre . Ils espéraient gagner celui-ci à lacause de la modération, par son amitié avec Danton , par ses idéesdordre, ses habitudes daustérité, sa profession publique de vertuet son orgueil. Il avait défendu soixante-treize députés girondinsdétenus contre les comités et les Jacobins ; il avait osé attaquerCloolz et Hébert comme ultra-révolutionnaires, et il avait pufaire décréter par la convention lexistence de lÊtre Suprême.Robespierre était la plus grande renommée populaire dalors ; ilétait en quelque sorte le modérateur de la république et le dic-tateur de lopinion ; en le gagnant, on comptait venir à bout etdes comités et de la commune, sans compromettre la cause de larévolution.

Danton le vit à son retour dArcis-sur-Aube, et ils parurent sen-tendre; attaqué aux Jacobins , il fut défendu par lui. Robespierre lut et corrigea lui-mème le Vieux Cordelier, en lapprouvant. Enmême temps, il professa quelques principes de modération; maisalors tous ceux qui exerçaient le gouvernement révolutionnaire ouqui le croyaient indispensable, sémurent. Billaud-Yarennes et Saint- Just soutinrent ouvertement la politique des comités. En parlantdu dernier, Desmoulins avait dit : Il sestime tant, quil porte arecrespect sa tête sur ses épaules comme un saint-sacrement. Et moi,répondit Saint-Just , je lui ferai porter la sienne comme un Saint-Denis.Collot-dHerbois , qui était en mission, arriva sur ces entrefaites;