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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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P K EF A CK.

VII

civiles, par son administration, par son régime financier, par sa prospérité indus-trielle, par son territoire , par sa grande civilisation et par la gloire de ses armes.

« Ainsi ces deux extrêmes de la vie de Napoléon , son élévation et sa chute, peu-vent s’expliquer par cette observation : les traités de paix de l'Europe avec Napoléon ne furent pour elle que des armistices, parce que l’Angleterre la soldait sans cessepour renouveler la guerre contre Napoléon, dans la crainte que la France , en paixsous un si grand souverain, ne devint la métropole de l’univers. Alors Napoléon pulse croire obligé de régner sur les rois de l’Europe , que l’Angleterre armait contrelui, ou de disparaître du monde.

« Tout en lui le condamnait à agir comme il l’a fait, soit pour s’élever, soit pourtomber. Dans ses jeunes années, sous les drapeaux victorieux de Lodi et d’Arcole,le cri de vive la République ! n’était pour lui qu’un cri de gloire, comme le fut depuispour l'armée le cri de vive l’Empereur ! Il ne lui appartenait pas de se modifier, nide transiger avec son caractère; car il revint de l’ile d’Elbe le même homme qu’àson départ de Fontainebleau . Aussi, en 1814 et en 1815, accepta-t-il son adversitécomme une conséquence de sa haute fortune , et ne vit-il que de l’ingratitude dansles trahisons. «

Je ne puis terminer cette préface sans relever celle assertion de sir Walter Scott ,que Napoléon avait à choisir entre Cromwell et Washington , et qu’il préféra êtreCromwell. Toutes les personnes qui ont connu Napoléon savent que la nature n’avaitpas plus créé en lui un Cromwell qu’un Washington ou un Monk. Il lui appartenaituniquement d’être ce qu’il a été , de faire ce qu’il a fuit ; il lui appartenait de se servirdes éléments de la liberté comme de ceux de la monarchie, pour rendre populaire ladomination qu’il exerça sur la France . Cette domination , son génie militaire l’étenditsur l’Europe , qui ne cessa de le provoquer à la guerre, dans l’espoir d’user les forcesdu géant qui se consumerait à force de victoires. Le calcul était juste: victorieux pen-dant vingt ans, Napoléon a succombé enfin sous les coups de ses alliés, qui ne cessè-rent jamais d’être ses ennemis. La dernière coalition ne fut qu’une révolte de captifsqui ont fini par terrasser leur maître avec les fers qu’il leur avait donnés. Si Napoléon eêt pris le rôle de Washington , il eût été plus tôt abattu. Mais l’assimilation deNapoléon à Cromwell est une horrible injure pour celui qui, en 1815, a pu prononcersur l’existence d'une partie de la famille royale!!!

Napoléon avait entendu dire aussi qu’il devait être le Washington de l’Europe ; elvoici comme il traite cette question, page 467 du premier volume du Mémorial deSainlc-iléléne :

« Arrivé au pouvoir, on eût voulu que j’eusse été un Washington : les mots ne« coûtent rien ; et sûrement ceux qui l’ont dit avec tant de facilité le faisaient sans« connaissance des temps , des lieux, des hommes et des choses. Si j’eusse été en« Amérique, volontiers j’eusse été aussi un Washington , et j’y eusse eu peu de« mérite, car je ne vois pas comment il eût été raisonnablement possible de faire au-« trement. Mais si lui s’était trouvé en France , sous la dissolution du dedans et sous« l’invasion du dehors, je l’eusse défié d’être lui-même; ou s’il eût voulu l’être, il« n’eût été qu’un niais , el n’eût fait que continuer de grands malheurs. Pour moi, je« ne pouvais être qu’un Washington couronne : ce n’était que dans un congrès de rois,

>< au milieu de rois vaincus ou maîtrisés, que je pouvais le devenir. Alors, et là seule-