VII
Mi K T A CK.
« ment, je pouvais moulrcr avec fruit sa modération, son désintéressement, sa« sagesse. Je n’y pouvais raisonnablement parvenir qu’au travers de la dictature uni-« versclle. Je l'ai prétendue; m’en ferait-on un crime? Penserait-on qu’il fût au-« dessus des forces humaines de s’en démettre? Svlla, gorgé de crimes, a bien osé« abdiquer, poursuivi par l'exécration publique ! Quel motif eût pu m’arrêter, moi« qui n’aurais eu que des bénédictions à recueillir?.. Il me fallait vaincre à Moskou !..« Combien , avec le temps, regretteront mes désastres et ma chute !. . Mais demander« de moi, avant le temps , ce qui n’était pas de saison , eût été une bêtise vulgaire :« moi l’annoncer, le prononcer, eût été pris pour du verbiage, du charlatanisme ; ce« n’était point mon genre... Je le répète, il me fallait vaincre à Moskou !... »
Voilà comment Napoléon explique Napoléon ; je me suis étendu particulièrementsur son caractère, parce que j’ai cru ce préliminaire indispensable pour préparer lelecteur à l’histoire d’un homme dont la vie nous présente un être à part, sans aucunterme de comparaison dans les fastes du monde. Quant à moi, je déclare que je n’au-rais pas entrepris d’écrire cette grande histoire, si je ne m’étais senti également pos-sédé du besoin de rendre hommage à la vérité et du désir d’honorcr la l’rance.