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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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le comte de Marbeuf, qui remportèrent différents avantages sur les troupesde Paoli. Le 9 avril 1769, arriva le comte de Vaux, chargé d’achever la sou-mission de l’île avec quarante-deux bataillons, deux légions de troupes légèreset une bonne artillerie. En moins de deux mois, la nouvelle conquête fut en-tièrement consommée, et Paoli s’embarqua pour Livourne , sur un bâtimentanglais , nous laissant maîtres de la Corse. Elle fut immédiatement organiséeen pays d’états comme la province du Languedoc ; mais au lieu d’un parle-ment, elle eut un conseil supérieur. M. de Monteynard fut le premier gouver-neur français de l’île. M. de Marbeuf y resta en qualité de commandant mili-taire; et, ce qui arrive toujours quand les petits états appellent les grands àleur secours, les Génois, repoussés de tout temps par le pays, furent la dupe deleur imprudente confiance : M. deChoiseul ne daigna pas même les admettre àun traité de cession. La France garda la Corse, parce qu’elle l’avait conquise.Le droit naturel jugea la question politique, et la prise de possession de ce payspar le gouvernement français sembla doublement juste, parce que les Génois etles Corses se trouvaient hors d’état de conserver, les uns leur souveraineté, lesautres leur indépendance. Mais ce ne fut cependant que le 30 novembre 1789.qu’en vertu d’un décret de l’Assemblée constituante , la Corse devint une partieintégrante du royaume.

La famille Hi'onaparte . inscrite sur le livre d’or à Bologne , patricienne àFlorence, alliée aux grandes maisons de la Toscane , était depuis longtempsune des plus illustres de l’Italie. Elle avait donné à Trévise des souverains.Pendant les guerres civiles, les Bonaparte combattirent dans les rangs desGibelins pour l’indépendance de leur patrie ; ce fut au quinzième siècle, aprèsle triomphe des Guelfes, que la famille Bonaparte, exilée de Florence , vintchercher un asile en Corse et fixer sa résidence à Ajaccio . Les alliances qu’ellecontracta dans sa nouvelle patrie ne la firent point déchoir de son ancienne illus-tration ; elle mêla son sang aux Colonna, aux Durazzo, de Gènes, comme auxpremières familles de la Corse; elle.y acquit des propriétés, et obtint la plusgrande influence dans la piève de Talavo.

Charles Bonaparte, père de Napoléon, avait étudié à Borne et à Pise ; c’étaitun homme d’un extérieur imposant, d’une éloquence vive et naturelle, et d’uneintelligence remarquable. Plein de patriotisme et de dévouement, on l’avaitvu, à la tête de sa piève, combattre avec courage dans la guerre qu’il avait con-tribué à allumer contre les Génois, oppresseurs de son pays : aussi s’était-ilplacé très-haut dans l’estime de ses compatriotes et dans l'amitié de Paoli. Pen-