DE NAPOLÉON.
(il
trichiens; Augereau observait le llas-Adige ; Masséna tenait les défilés du Ty roi.
Cependant Bonaparte se trouvait réduit à un blocus d’observation devantMantoue , faute d’artillerie de siège. La citadelle deMilan n’était pas encore ren-due, et occupait toute la grosse artillerie conquise en Piémont. Il fallait donc quele château de Milan tombât avant de pouvoir assiéger Mantoue , et dans l’inter-valle Wurmser précipitait sa marche. Ce général était parti d’Allemagne pourvenir défendre cette ville et remplacer Beaulieu tombé dans la disgrâce. En atten-dant son arrivée, Mêlas avait le commandement. I)e tous côtés, la politique autri-chienne , soutenue par les oligarchies génoise, vénitienne et de la cour de Rome,soulevait les esprits, et déjà la rivière de Gènes devenait le théâtre des plusgraves hostilités. Les fiefs impériaux étaient en pleine insurrection, et les routescouvertes de partisans armés qui guerroyaient avec, les détachements français .L’armée piémontaise murmurait contre la paix de Turin . Le pape attendait dela Corse six mille Anglais , qui pouvaient faire une diversion inquiétante s’ilsavaient le temps d’arriver à Livourne : il fallait donc les retenir en Corse.L’attitude de Naples , qui comptait trente mille hommes sous les drapeaux,n’était rien moins que rassurante. Enfin la nouvelle armée de Wurmser, fortede vingt mille hommes d’élite, devait arriver au mois de juillet, et portait àsoixante-dix mille hommes les forces de la maison d’Autriche en Italie , y com-pris la garnison de Mantoue. Le général Bonaparte dut pourvoir à tous ces em-barras avec quarante mille hommes : il y pourvut.
Au milieu des préparatifs de Bonaparte, occupé à la fois d’entrer à Livourne ,pour s’emparer dans ce port des bâtiments et des propriétés britanniques, decréer en Corse une insurrection contre les Anglais , d’anéantir par de rigoureusesexécutions militaires la révolte des fiefs impériaux, enfin d’emporter la citadellede Milan, qui était la clef du siège de Mantoue , le roi de Naples, que l’envahis-sement de l'Italie supérieure rendait inquiet pour ses Etats, avait envoyé le princeBelmonte-Pignatelli auprès du général Bonaparte , pour demander un armistice.Ce fut un grand coup de fortune pour l’armée française ; la trêve conclue avecNaples enleva aux Anglais cinq vaisseaux de guerre et plusieurs frégates; enoutre elleparalysaitl’action des cinquante mille hommes que le royaume de Naples pouvait mettre sous les armes, et lancer inopinément sur la rive droite du Pô.Le siège de la citadelle de Milan était poussé avec une grande vigueur, et latranchée ouverte. Pendant ces travaux, auxquels il jugeait sa présence peu né-cessaire , Bonaparte transféra brusquement son quartier-général à Torlone, etenvoya le colonel Lannes avec douze cents hommes châtier les fiefs impériaux.La première exécution tomba sur la ville d’Arquata, dans laquelle un détache-ment de cent cinquante Français avait été assassiné.
Bonaparte écrivit aussi au sénat de Gènes une lettre qu’il fit porter par Mu-rat, et dans laquelle il demandait que le gouverneur de Novi, qui avait protégéles brigands, fût puni d’une manière exemplaire, et que le ministre autrichien