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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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HISTOIRE

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fût citasse de Gênes , demandant en ces ternies une explication catégorique :

« Pouvez-vous ou ne pouvez-vous pas délivrer votre territoire des assassins qui« l'infestent? Si vous ne pouvez pas prendre des mesures, j’en prendrai pour« vous; je ferai brûler les villes et les villages où se commettra un assassinat ;« je ferai brûler les maisons qui donneront asile aux assassins, et punir exem-« plairement les magistrats qui les souffriront. 11 faut que le meurtre d'un« Français porte malheur aux communes entières qui ne l’auraient pas empê-« ché. » Cette lettre, conformément à l’ordre qu’il en avait reçu, fut lue parMurat lui-même en plein sénat. Dès lors, le sénat de Gênes , épouvanté, destituale gouverneur de Novi, congédia le ministre autrichien et promit de faire gar-der les routes par ses propres troupes. Aussitôt le calme rétabli dans l’Etat deGênes et dans le Piémont, Bonaparte quitta Tortone et arriva à Modène , oùil trouva le général Vaubois avec sa brigade.

C’était la guerre contre le pape qui alors occupait l’armée. 11 n’y avait pusd’autre moyen de faire payer au Saint-Père la suspension des hostilités, qu’ilallait être forcé de demander. En conséquence , Augereau ayant passé le Pô àBorgo-Forte, s’était déjà emparé des légations de Bologne et de Ferrare . La ci-tadelle de Ferrare fournit au grand parc de Borgo-Forte quarante bouches à feu,sur cent quatorze qu’on y trouva. Les villes de Beggio, Modène et Bologne sedistinguèrent bientôt par leur attitude patriotique. Bologne surtout secoua hau-tement le joug pontilical ; et aux premières propositions d’armistice faites danscette ville au général en chef par le chevalier Azzara, ministre d’Espagne auprèsdu Saint-Siège , elle demanda à être garantie de tout retour sous la puissancede Rome . Elle arma des gardes nationales, et se constitua en ville libre sous laprotection de la France. La trêve fut conclue le juin à Bologne , où Bona-parte était entré le 19. Cette place et Ferrare restaient au pouvoir de l’arméefrançaise , qui prenait possession de la citadelle d’Ancône . Le pape payait vingtet un millions en argent et en denrées, et abandonnait cent chefs-d’œuvre desarts et cinq cents manuscrits au choix des commissaires français . Cet armisticeservit de base, l’année suivante, au traité de Tolentino.

Le moment d’occuper Livourne, d’en chasser les Anglais et de reprendre sureux nie de Corse, était entin venu. Dans l’espoir de surprendre les bâtimentsanglais à Livourne, Bonaparte avait couvert cette expédition d’un grand se-cret. La marche de ses troupes était masquée par le mouvement qu’il avait or-donné sur Rome par Florence. En conséquence, de Reggio il envoya la divisionVaubois à travers l’Apennin sur Pistoia , dans le but ostensible de contraindrele pape à ratifier l’armistice de Bologne par un traité. Le grand-duc de Tos-cane , inquiet de ce passage par sa capitale, adressa au quartier-général dePistoia, où Bonaparte avait rejoint Vaubois, une lettre pour le prier de dirigerses troupes sur Pise au lieu de Florence , ce qui fut accordé.

La division Vaubois se remit en route; Murat, qui commandait l’avant-garde,