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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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DK NAPOLEON.

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paient les positions avancées du blocus, et à la non-exécution des ordres dugénéral Bonaparte , qui avait prescrit la destruction des ponts de la Molinella|K)ur arrêter la retraite de l'ennemi sur Mantoue . Ces succès le déterminèrent àcontinuer de tenir la campagne; et, à la tête de la garnison de Mantoue , où nerestèrent que cinq mille hommes, il campa entre le faubourg Saint-Georges etla citadelle. Son armée présentait alors un effectif de vingt-cinq mille hommes;l’armée française comptait vingt-quatre mille combattants. Le choc qui eutlieu prit le nom de bataille de Saint-Georges. Les deux ailes furent bientôtengagées. Sur la gauche, la division Iton fléchit un moment, mais Masséna dé-boucha en colonne sur le centre ; cette habile manœuvre porta le désordre dansles rangs autrichiens, et décida la victoire. Le combat fut sanglant et acharné;enfin, l’ennemi laissa trois mille prisonniers, trois drapeaux, onze pièces de ca-non , et courut se renfermer dans Mantoue . Deux jours après, Wurinser, maîtredu Seraglio, jeta un pont sur le Pô et ravitailla la place. Le 25, il tenta de seporter encore sur l'Adige en attaquant le poste de Governolo ; mais il échoua, etsacrifia un millier d’hommes et six pièces de canon. Enfin le général Kilmaine ,à la tête de la division Serrurier, mit fin, le 1 er octobre, à la guerre de Wurm-ser : il entra dans le Seraglio , reprit les positions de Pradella et Cerèse, etMantoue fut étroitement bloquée.

Le troisième blocus de Mantoue était formé ; la troisième armée autrichienneétait détruite : il n’existait des soixante-dix mille hommes dont elle était com-posée au 1 er juin, que seize mille hommes arrêtés dans Mantoue avec le généralen chef, et dix mille hommes disséminés dans le Tyrol avec Davidowitch etQuasdanowitch. Cette armée avait perdu soixante-quinze pièces de canon, trentegénéraux, vingt-deux drapeaux. L’aide-de-camp Marinont, que Bonaparte avaittrouvé à Toulon lieutenant d’artillerie, porta au Directoire les drapeaux enlevésaux batailles de Rovercdo, de Bassano et de Saint-Georges. On peut dire, decette époque, que les soldats de l'armée d’Italie, en montrant par des prodigestout ce que les Français peuvent devenir sous un grand capitaine, étaient lespremiers soldats de la république et du monde (1).

N’ayant plus d’ennemis à combattre, l’armée d’Italie prit du repos, mais durepos sous les armes. Vaubois se retrancha, avec dix mille hommes, sur les bordsdu Lavis , et occupa la ville de Trente. Masséna, avec le même nombre, s’éta-blit à Bassano pour observer le passage de la Piave. Augereau gardait l’Adige àVérone avec dix mille hommes. Kilmaine , avec huit mille hommes, dirigeait leblocus de la ville imprenable.

Satisfait de ces dispositions, Bonaparte revint à Milan , où le rappelaient les

(1) Ce fut durant cette campagne, après la bataille de Castiglione, que les soldats de Bona-parte , transportés d’admiration pour leur chef, le firent sergent comme ils l’avaient nommécaporal après la journée de I.odi.